samedi 7 février 2015

Rapide présentation de Jésus Mc 1 (5ème dimanche)




Nous lisons depuis un mois le premier chapitre de l’évangile de Marc, et nous ne l’achèverons que la semaine prochaine. Ce n’est pas que le chapitre soit long, seulement quarante cinq versets ! Mais Marc, dans son style ramassé, donne l’impression de la profusion. Jésus n’arrête pas. Son entrée en scène est une sorte tornade qui entraine le mal sur son passage, une caresse pleine de tendresse qui témoigne de l’amour de Dieu pour les hommes. Reprenons.
Il y a le titre : Commencement de l’évangile de Jésus Christ Fils de Dieu.
Puis, scène numéro 1, le baptême où sont convoqués bien sûr Jean-Baptiste, mais aussi le premier testament à travers le prophète Isaïe. Une longue attente semble devoir se terminer incessamment. Sept courts versets prennent tout de même le temps des détails : les poils de chameau du vêtement de Jean, comme le miel de sa nourriture, avant que cinq autres versets racontent le baptême et évoquent des tentations au désert.
Scène numéro 2, on apprend laconiquement l’arrestation de Jean, Jésus prend le relai et annonce la conversion.
Mais déjà, scène numéro 3, le voici qui appelle des disciples. C’est curieux, dans son déplacement, Jésus ne rencontre que des frères, Simon et André, Jacques et Jean. Ne serait-ce pas son passage qui transforme l’humanité en fraternité ? A moins que ceux qui sont appelés à devenir pécheurs d’hommes ne puissent être que des frères. Tout cela en cinq versets.
Et c’est déjà la scène numéro 4. On entre dans la ville, Capharnaüm, plus précisément à la synagogue. Notez, on ne sait presque rien de Jésus. Il a débarqué, juste désigné par le Baptiste, alors qu’il venait comme les autres se faire baptiser, être disciple de ce Baptiste qui résumait l’attente d’Israël, récapitulée par le prophète. Il a juste débarqué, le ciel aussitôt s’est ouvert et c’est une autre désignation, celle du ciel : Tu es mon fils bien aimé. Petit passage au désert, appel de disciples sur le chemin qui ramène à la ville et entrée dans la synagogue, le jour du sabbat. Ce n’est que la scène numéro 4, et déjà, il faut récapituler.
A Capharnaüm, ce jour de sabbat, il se passe aussi de nombreuses choses. Là encore, profusion. Jésus enseigne, on est surpris de son enseignement. Jésus connaît une première résistance, un esprit mauvais, qu’il chasse aussitôt. Alors, aussitôt, on se met à parler de lui dans la région.
Nous voilà à la scène numéro 5, le texte d’aujourd’hui. La guérison de la belle-mère de Pierre et de plein d’autres malades qu’on lui apporte. Cela n’arrête pas.
Scène numéro 6, que nous avons aussi lue, Jésus lui-même calme le rythme que l’évangéliste continue à maintenir haletant, en précisant qu’au petit jour, Jésus se lève, il est déjà reparti, mais c’est pour le désert. Cinquième mention du désert dans ces trente cinq versets : le monde serait-il un désert ? Un désert de quoi ? Désert ravagé par le mal, désert plein de monde qui ne se rencontre pas, coexiste sans être frère ? Bref, Jésus prie. On saura plus tard qu’il prie un père, son père, celui qui a pour fils la multitude des hommes. C’est un lendemain de sabbat, comme un certain jour de Pâques.
Rejoint par les disciples qui l’ont retrouvé et qui avaient donc commencé à se mettre en route pour le chercher, les voilà qui ainsi deviennent disciples. (On retrouve toujours Jésus le lendemain du sabbat, un certain jour de Pâques.) Les gens aussi le cherchent, mais eux ne l’ont pas trouvé, ne sont pas venus jusqu’à lui.
Jésus explique alors en un mot ce qui vient de se passer. « C’est pour cela que je suis sorti ». Nous sommes au verset 38. Nous, en lisant Marc, on a plutôt l’impression qu’il vient d’entrer, d’entrer en scène. Lui, il est sorti. D’où sort-il donc ? Encore une question au passage, qui devra trouver réponse, tout comme on apprendra qui est celui que Jésus prie.
Alors, dernière scène, numéro 7, changement de décor, non plus le désert de Jean, ni Capharnaüm avec la synagogue, la maison de Pierre où l’endroit désert de la prière, mais la Galilée qu’il faut parcourir. Elle est curieuse cette Galilée sous la plume de Marc, on y rencontre des synagogues pour enseigner et des esprits mauvais. Ce sera l’évangile de la semaine prochaine, avec la guérison, la purification d’un lépreux.
Voilà, je n’ai fait que reprendre le texte et j’ai été plus long à le répéter que si nous l’avions relu. Il y a une urgence, il y a urgence pour Jésus. Le tic de langage de Marc nous le dit : « Aussitôt ». Le mot revient onze fois depuis le baptême, entrée dans l’ère nouvelle (ce n’est plus l’annonce d’Isaïe ou celle du Baptiste). Un temps nouveau s’ouvre avec les cieux, et c’est celui de l’urgence, de l’aussitôt, pour lequel Jésus est sorti.
Alors arrêtons-nous, soufflons un peu, et reprojetons le film en nos cœurs, un titre et sept scènes, comme une semaine, comme la première semaine de création : Commencement de l’évangile de Jésus Christ Fils de Dieu, Baptême par Jean, annonce de la conversion, appelle des disciples, entrée à Capharnaüm, à la synagogue puis chez Pierre et nombreuses guérisons, matinée de prière et de recherche, parcours de la Galilée et guérison d’un lépreux.



1 commentaire:

  1. Vous êtes toujours « intéressant » (pour ne pas dire inspiré) dans votre manière de parler de Jésus.
    Compte-tenu de mon approche personnelle, évidemment je préfère cela au discours qui souvent met en avant le Christ et en oublie Jésus…
    Vrai Dieu d'abord! Vrai homme… accessoirement…

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