Affichage des articles dont le libellé est Qui donc est l'homme ?. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Qui donc est l'homme ?. Afficher tous les articles

23/10/2026

Ordonnés à l’amour (30ème dimanche du temps)

Le chapitre 22 de Matthieu est rempli de polémiques. On s’emploie à mettre Jésus à l’épreuve, à lui tendre un piège. Les interlocuteurs sont lénifiants et flatteurs ; ils présentent des figures pleines de bons sentiments. Personne n’a l’intention de chercher la vérité, de dialoguer. Tous usent d’un semblant de dialogue pour imposer son idée ou mettre à terre l’autre et ses idées.

Comment garder son calme ? Comment garder la mesure ? La violence est tapie à la porte qui, trois chapitres plus loin, condamne un homme à mort. « Une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ? »

« Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait purement fortuite. » Quel homme ou femme politique a cherché à dialoguer depuis samedi dernier ou depuis que le mouvement lycéen a commencé ? Qui parmi les intégristes catholiques cherche à dialoguer sinon à tordre le bras de l’adversaire ? Qui cherche à dialoguer pour de vrai dans les conflits armés qui déchirent la planète jusqu’en Europe ?

Jésus se rend-il compte que nous sommes épuisés, fatigués, découragés, dégoûtés ? Comment ne le serait-il pas ? « Appartenir à l’histoire, c’est appartenir à la haine. » (Malraux)

Au commandement, le plus grand, le meilleur, les principes, les grands principes, il oppose l’amour. Or l’amour ne peut relever d’un commandement. Comme le faisait remarquer Paul Ricœur, c’est le violeur qui ordonne : aime-moi. L’amour relève du sans-pourquoi, de la grâce, de la gratuité, gracieux.

Lorsque Dieu commande l’amour dans le premier testament, il déclare sa flamme. Seul(e) l’amant(e), poursuit Ricœur, peut commander, comme une supplique, à l’aimé(e) de l’aimer. Il ne cherche ni à écraser son adversaire en lui tendant un piège, ni même à connaître la vérité, il aime.

Je sais bien, il n’est pas possible d’opposer amour et vérité. Quand amour et vérité se rencontrent, c’est le royaume. Il n’y aurait pas d’amour sans vérité. Et pourtant, la scolastique médiévale connaît des écoles où l’amour l’emporte sur le vrai. Je veux juste faire remarquer que de bons auteurs ont jugé que le chemin de la vérité n’existe que par et dans l’amour.

Mais il faut aller plus loin dans l’écoute de la réponse de Jésus. Non seulement le commandement d’aimer Dieu ne peut être entendu que comme déclaration d’amour de Dieu envers tous, à commencer les pécheurs, ceux qui errent loin de la vérité, non seulement donc, ce commandement n’en est pas un, mais il est remplacé par un autre, tu aimeras ton prochain.

Un tiers, et quel tiers, Dieu lui-même, commande d’aimer l’autre. Prochain, ce n’est pas celui qui est proche, semblable, familier. Prochain, c’est celui qui avec toi partage d’être homme et femme, humain. Ne pas voir en un humain un semblable, un prochain, cela ne relève-t-il pas de la haine ?

Alors qu’il est impossible à Dieu de commander aux humains de l’aimer, il y a ordre d’aimer les semblables, non la sœur, la cousine ou la voisine avant l’étrangère, mais tout humain. Commandement comme l'ordre, oui, contraire du chaos, du désordre. Ne pas aimer, c’est le désordre, le chaos. Une seconde fois, « toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait purement fortuite. » Le racisme n’est pas une opinion mais un délit voire un crime. Il tue. « Une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ? »

C’est parce que Dieu aime, déclare son amour, qu’il ordonne le monde et nous prend dans son ordonnancement. Aimer les frères et sœurs, être ordonnés à aimer, c’est notre ordination. C’est en aimant et en déclarant son amour que Dieu ordonne le monde, fait reculer le tohu-bohu, le chaos. C’est cela la création selon les disciples. La haine détruit l’œuvre de Dieu. Toute ressemblance...

Nous n’aurons pas la naïveté de penser que la violence sociale et son chaos, à commencer par la violence économique, seront résolus juste à suivre notre ordination à l’amour. La déclaration d’amour de Dieu comme ordre du monde, pour le moins, met en évidence combien le mépris des autres jusqu’à la haine est chaos.

 

Keith Haring, sans titre, 1989 

18/03/2026

« Tu es mon fils » (Saint Joseph)

 

 

Joseph, l’homme sans parole. On ne sait rien de lui ; pas même son nom dans l’évangile de Marc. Il y a bien un Joseph, mais c’est celui qui recueille le corps de Jésus.

Peut-être s’agit-il du même, littérairement parlant. Un Joseph recueille le corps de Jésus, à la naissance ou à la descente de croix. Joseph prend soin de la chair, du corps nu. Il prend soin de la fragilité, de l’humain en sa fragilité. S’il est charpentier, il construit le toit qui héberge l’humain en sa fragilité et offre refuge. La figure de Joseph s’épuise en cela. Il est tout entier l’accueillant, le recueil, rôle que la psychologie de bazar attribue aux femmes, qui seraient accueil quand le mâle serait action.

Comme son lointain ancêtre, Joseph est l’homme aux songes. Il apprend beaucoup de choses par le rêve. Historiquement, ce n’est guère fiable. Joseph apprend dans le rêve ce qu’il doit faire : protection et accueil. Le patriarche réfugié en Egypte nourrissait les siens, et les autres. Le charpentier se réfugie pour que l’enfant échappe à la mort que lui réservent les violents, que le fils entre en terre promise. Rien d’historique là-dedans, mais l’accomplissement d’une prophétie. La terre promise n’est pas un concept politique, mais eschatologique. Yeshuah entre en terre promise parce la vie des humains est promesse.

Quasiment tout ce que l’on raconte de Joseph est absorbé par le mythe de la virginité de Marie. Je dis mythe, parce que, de nouveau, ce n’est pas de l’histoire, des faits relevés avec précision ou conjecturés à partir d’autres. J’espère que tous conviendront que la virginité de Marie n’est pas affaire gynécologique. Cela serait impudeur, voyeurisme et agression sexuelle !

Qui plus est, Jésus a des frères et sœurs. C’est dit et redit, au passage, comme une évidence qui n’a pas besoin de preuves. La virginité de Marie dit autre chose. Jésus a une maman comme tout le monde. Quant au papa, c’est toujours un adoptant qui s’en remet à la parole de la femme. Qui Marie désigne-t-elle ? Il y a bien le « ton père et moi » des évangiles de l’enfance. Mais le reste du temps, elle ne dit rien. Les trous et questions des Ecritures sont plus importants à interroger qu’à être éliminés par des réponses toutes faites.

Au minimum, on sait que Jésus est né de père inconnu, d’une fille-mère. N’allons pas trop vite identifier le père. A dessein, il ne figure pas sur l’acte de naissance, si j’ose dire. Joseph accueille une fille-mère, une fille perdue. Bien que promise en mariage, il n’est pas dit qu’il l’accueille parce qu’il l’aime. Il n’est jamais dit que Joseph aime, ni Marie, ni Jésus. A l’époque, se mariait-on par amour ?

Daniel Marguerat fait l’hypothèse que Jésus serait un Mamzer, un bâtard. Même si la naissance vient de l’Esprit, cela n’a rien d’observable et aux yeux de tous, Marie est ou paraît fille-mère. Joseph est sauveur de l’enfant et sa mère. Comme les pères, il donne son nom. Joseph sauve et l’enfant s’appelle Dieu-sauve, Yeshuah. Joseph rend justice à Marie et Jésus. Il est l’homme juste, celui qui rend juste, tout comme le Dieu de Paul.

Joseph ne se contente pas de sauver la situation, de donner un statut à la mère et l’enfant. Il adopte l’enfant. Le bâtard, tous l’appellent le fils du charpentier ou le fils de Joseph. Joseph est bien comme Dieu. Il adopte. Des enfants perdus, il se fait le Père. Ce n’est pas un contrat notarié, c’est une parole qui fait vivre, acte de reconnaissance : tu es mon fils, tu es ma fille. Et Jésus, comme dit Paul, est l’aîné d’une multitude de frères… et sœurs.

Dans une famille, les enfants ne doivent pas seulement être conçus, mais accueillis, adoptés. Faute de quoi, ils sont détruits, du moins durablement handicapés. Il est des adultes qui accueillent et adoptent des enfants mieux que des parents biologiques. Ils ont dit, ils ont vécu la parole qui fait vivre : Tu es mon fils, ma fille. Jésus a entendu cela de ce Joseph dont on ne sait rien. C’est énorme. Cela mérite sa sainteté. Il y a aujourd’hui des adultes qui accueillent et adoptent des enfants y compris suite à une PMA avec ou sans don de gamètes, ou une GPA. Un géniteur ne fait pas un parent. Les adultes deviennent parents à dire : Tu es mon fils, tu es ma fille. Et Joseph fait cela. Et cela lui fut compté comme justice.

 

José de Ribera, Saint Joseph, vers 1635 

30/01/2026

Dieu à hauteur d'humains (4ème dimanche du temps)

 

Pourquoi selon les Ecritures, les pauvres sont-ils aimés d’un amour de prédilection ? Pourquoi cet appel constant à la petitesse, à l’humilité ? Pourquoi, dans les Béatitudes, le plaidoyer en faveur des pauvres de cœur ? Qu’est-ce que désigne d’ailleurs l’expression, littéralement les pauvres de souffle ? On entend la pénurie au plus profond, la pénurie de vie, l’indigence de qui la vie est comptée, échoit au compte-gouttes. Pourquoi Dieu choisit-il ce qui est faible, comme dit Paul ?

Dans les religions, le Tout-Puissant, autocrate arbitraire voire pervers, fait ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut. Il est, projeté dans le ciel, le rêve et la revanche de puissance. C’est infantile. Le canoniser est sacrilège, idolâtrie. Dans les Ecritures juives et chrétiennes, certains préfèrent « mourir de la main du Seigneur ». C’est pieux comme formule… mais c’est une profession de non-foi. Dieu n’est pas du côté de la mort. Il ne fait pas mourir. « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris. Béni soit le non du Seigneur. » Quel scandale ! A en devenir athée ! Dieu est don. Il se donne. « Il ne reprend pas sa fidélité, son amour. » Il paraît même que son fils, en allant au bout du don, crève sur une croix. Et nous, nous adorerions le dieu qui pourrait reprendre, qui ferait mourir ?

Dieu abaisse-t-il les gens pour mieux les dominer ? N’est-il pas plus grand Seigneur à régner sur des personnes et des peuples libres, grands, capables, que sur des esclaves, écrasés, sans force ? Comme si l’on cultivait un sentiment de petitesse par peur d’affronter l’impudique vaillance de la vie. L’humilité serait le remède à la démesure. Or la vocation à laquelle Dieu appelle n’est rien d’autre que le partage de sa divinité. Il se fait cela même que nous sommes pour que nous soyons cela même qu’il est, divins. Dieu, si c’est bien cela qu’on appelle Dieu, est du côté de la profusion, généreuse, de la vie, la vie en abondance. La gloire de Dieu, c’est que l’humain vive !

La précarité de la vie, la maladie, la mort, les accidents, le handicap, sauf à y être confrontés sans échappatoire possible, nous ne voulons pas l’intégrer. La petitesse nous fait horreur. Il n’y a qu’à entendre la rhétorique anti-pauvres, profiteurs du système, fainéants. (Il suffit d’avoir passé quelques heures avec des personnes du quart-monde pour savoir combien elles sont battantes, déterminées, accrochées, jamais résignées.)

La fragilité et la faillibilité paraissent insupportablement des échecs. Cela dit aussi ce que nous pensons être la vie, une vie réussie. Est-ce que cela a un sens la vie réussie ? Qu’imaginons-nous de la vie ? Qu’imaginons-nous de Dieu ? On imagine toujours quand il s’agit de la vie ou de Dieu. Pourvu que ce soit pour la vie. « Choisis donc la vie ! »

La précarité est nôtre. Certes, vécue différemment, certes susceptible d’être ignorée beaucoup, à la folie ou pas du tout. Rappeler la précarité n’est pas une manière de rapetisser la vie humaine, travailler à une conception mesquine de l’existence, étriquée, rabougrie. Elle est l’appel, du fond des profondeurs, à la vie plus grande. « Des profondeurs, je crie vers toi. »

Dire le bonheur des pauvres au souffle court, c’est appeler et confesser la vie en grand, pour tous. Dire le choix de Dieu pour la faiblesse, c’est appeler et confesser un Dieu qui élève les humbles. Dieu ne se réjouit pas de la petitesse, de la misère qui écrase, humilie, mortelle. Dieu est humilié par celui qui se comporte en puissant, d’une part parce que c’est une illusion – le puissant finit comme le pauvre dans la fosse – d’autre part parce que le puissant, celui qui accumule, détruit l’assemblée des frères, fait croire que pouvoir et avoir sont les ressorts et la réussite de la vie humaine. Il érige des idoles.

L’on n’est mené à la divinisation que dans la quête, les mains ouvertes, en interprétant nos existences comme données, échues ou offertes. Vivre comme si nous étions offerts à nous-mêmes les uns par les autres. La grandeur humaine n’est grande qu’à reconnaître sa précarité. La vie n’est pas gain ou prise, elle est mendicité. Nous recevons tout ce que nous sommes. « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » « Dieu, le premier, nous a aimés. »

Dieu ne se paie pas de mots. Il montre l’exemple, si l’on peut dire. Il choisit la faiblesse. Il parle à hauteur d’humain, et non du haut des cieux. Comme l’adulte qui se place à hauteur d’enfant, comme le visiteur qui se baisse à hauteur de malade. En se baissant, il relève. En se baissant, il indique où réside la grandeur qui grandit et dénonce celle qui avilit. En se baissant, il se moque des idoles qui jouent la grandiloquence. En se baissant, il donne à tous, et d’abord aux plus petits, d’être aussi grands que lui.

 

Illustration et son texte, Jean Debruynne 

 

23/12/2025

Qui est Jésus ? (Noël)

undefined

Dans l’une des plus longues nuits de l’année, fêter la naissance d’un enfant. C’est une lumière et un réconfort. La vie continue, fragile, sans paroles, défiant la mort. On dit de l’enfant ou lui-même dit qu’il est lumière et parole. Beaucoup ont des paroles lumineuses. Mais de qui dit-on qu’il est lui-même lumière, parole inouïe ?

Sa parole n’est pas une collection de propos ou d’énoncés ni même sa vie tout entière, son existence, son être. Parole, il est proféré par un autre. Il ne s’appartient pas, il est tout entier de celui qui le prononce et le traverse dans le silence originel de chacun : Vis ! Il est lumière dans la nuit du tohu-bohu, chaos indescriptible, hostile à toute vie. Dans la nuit et le silence, un verbe sans parole retentit et désigne l’originel en lui et en chacun.

Il est la parole d’un autre que l’oreille n’entend pas, les yeux ne voient pas. Sa fragilité native l’accompagne jusqu’au terme parce qu’il est l’indice fragile en l’humain de ce qu’il y a de plus originel : Vis ! Jamais il ne se possède, ne pense se posséder ; toujours, il se reçoit de celui vers qui il est tourné, de qui il est en son être le converti perpétuel.

Il est bien difficile de parler de lui sans raconter le folklore et une identité mythique ; une histoire que tous connaissent plus ou moins ou seulement pas ses conséquences, lointaines et détachées – rues illuminées, cadeaux, repas de fête et, lorsque l’on est écarté de tout cela, solitude et désespérance encore. Le folklore, c’est comme on pensait autrefois, mais reproduit aujourd’hui, sans que cela soit la pensée d’aujourd’hui. C’est juste décoratif, parfois identitaire, dangereux. Cela ne détermine pas nos vies sauf à oppresser. L’évangile et l’Israël biblique s’emploient à renverser le dieu national par la fraternité universelle. Emmanuel ne veut pas dire Dieu avec nous tout seuls, mais pour tous.

Il faut éviter la mythologie, celle de la métaphysique comprise, lorsqu’un catéchisme édulcore le dogme et que l’imbécile regarde le doigt et non la lune que montre le sage. « Consubstantiel », « Présence réelle » sont aussi le nom d’idolâtries. L’évangile et l’iconoclasme de l’Israël biblique s’emploient à renverser la mythologie.

Alors, partons de ce que nous célébrons. La naissance d’un petit de l’humanité dont on sait un peu comment il a mené sa vie. Il prétend la proximité du Royaume et c’est ainsi qu’il dispose sa vie. Le Royaume est une manière de dire Dieu sans le nommer, histoire de ne pas faire de Dieu lui-même une idole. C’est chose fort courante.

La proximité du Royaume et même sa présence au milieu de nous – mais il faut se méfier de la présence, c’est encore une affaire qui risque trop l’idolâtrie – c’est l’annonce et la réalité que l’humain, l’humain en l’humain, l’humain quand il n’est pas inhumain, est la vocation, la destinée de tous et chacun. Il organise sa vie pour qu’elle soit humaine. Non pas plus qu’humain, comme s’il fallait ajouter à l’humain quelque chose, la divinité par exemple. Le plus qu’humain est ce qui manque à nos manières inhumaines d’être humains. Et il en manque de l’humanité ! il organise sa vie simplement humaine.

Cet humain totalement humain, c’est cela précisément qu’il appelle Dieu. Irénée de Lyon l’a bien compris. La gloire de Dieu – là encore, une périphrase, la gloire de Dieu, c’est Dieu ! – « la gloire de Dieu c’est l’homme vivant », c’est l’humain tout entier, pas attaqué par la mort. Et réciproquement, mais c’est synonyme, « la vie de l’humain, c’est de voir Dieu ».

On ne peut voir « Dieu » sinon dans la vie de l’humain. Le chercher dans le ciel, dans un arrière-monde, le sacré d’un chant ou d’une liturgie, c’est de l’idolâtrie. Dieu se trouve là où personne ne l’attend, dans l’humain non pas trop humain, inhumain, mais dans l’humain tout entier humain, simplement humain. « Il s’est fait homme. » Et l’on plie le genou non pour adorer, mais pour se mettre à hauteur de nouveau-né ou de paria condamné, là où l’on voit le monde non à partir de soi, mais de la fragilité native jusque dans l’agonie. N’est-ce pas cela prier, rejoindre le monde au niveau de l’humain natif jusque dans la mort, là où Dieu se dit.

Aussi loin que possible de la métaphore morte, du folklore et de la mythologie, ce que nous croyons, inouï, impensable change le monde ou n’est pas. Cet enfant devenu condamné comme un maudit au gibet est une personne en qui chacun est renouvelé en son humanité, qui récapitule toute chose. Imaginez ! Que tous ceux qui fêtent Noël considèrent en tous, y compris eux-mêmes, y compris dans l’humain moribond méprisé, l’humain tout humain et agissent en conséquence. Vous imaginez ? Eh bien, c’est cela Noël, des vies transformées, Dieu dans l’humain, le-Dieu-fait-homme.

 

Le bon Samaritain, Chartres, 1205-1215