samedi 6 décembre 2014

Je ne crois pas l'Eglise capable de se réformer...

« Je ne crois pas l’Eglise capable de se réformer humainement. […] Je ne la souhaite pas parfaite, elle est vivante. Pareille au plus humble, au plus dénué de ses fils, elle va clopin-clopant de ce monde à l’autre monde ; elle commet des fautes, elle les expie, et qui veut bien détourner un moment les yeux de ses pompes, l’entend prier et sangloter avec nous dans les ténèbres. Dès lors, pourquoi la mettre en cause, dira-t-on ? Mais parce qu’elle est toujours en cause. C’est d’elle que je tiens tout, rien ne pourrait m’atteindre que par elle. […] Le monde est plein de misérables que vous [les évêques] avez déçus. Personne ne songerait à vous jeter une telle vérité à la face, si vous consentiez à le reconnaître humblement. Ils ne vous reprochent pas vos fautes. Ce n’est pas sur vos fautes qu’ils se brisent, mais sur votre orgueil. »
G. Bernanos, Les Grands cimetières sous la lune, 1937, 1 iii
(Bernanos, catholique convaincu, se désolidarise de la posture partisane des évêques d’Espagne pendant la guerre civile. Monarchiste et proche des milieux conservateurs, y compris de l’Action Française, il exerce sa liberté de conscience pour faire part du scandale dont il est témoin, sans se faire le moins du monde partisan du camp opposé. Le dernier prix Goncourt s’inspire de son ouvrage.)

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