vendredi 26 mai 2017

Les repas de Jésus (Ascension)



« Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. » (Ac 1, 1-11)
Au cours, d’un repas. Ce n’est pas un hasard. Tout ce qui est important dans la vie de Jésus se passe au cours d’un repas, jusqu’à la caricature de repas, cette éponge imbibée de vinaigre qu’on lui fait boire sur la croix, alors qu’il vient de crier sa soif. Sa nourriture est de faire la volonté du Père. Ce n’est pas de vin et encore moins de vinaigre que ce prétendu glouton a soif, mais de Dieu et d’amour fraternel ; c’est la même chose d’ailleurs, Dieu et l’amour. Dieu est amour. Et Jésus crie : « J’ai soif » de cet amour entre tous qu’est Dieu.
Si l’on pouvait donner un conseil de lecture pour l’été qui vaille pour tous, enfants et adultes, ce serait de lire in extenso un évangile, en repérant les repas de Jésus. Les plus grands pourront lire les quatre évangiles, ce n’est pas très long, à peine cent pages. Repérer les repas de Jésus, le nombre de fois où Jésus partage un repas. C’est incroyable, il n’arrête pas de manger (ou de jeûner). On le traite même de glouton.
Communier comme nous le faisons chaque dimanche, avoir part au festin des noces de l’agneau, au banquet pascal, c’est donc à coup sûr, participer à un événement important de la vie de Jésus. En communiant pour la première fois, ce n’est pas tant d’un moment important de votre vie qu’il s’agit, mais d’un moment important de sa vie à lui auquel vous êtes invités.
Et être associés aux moments importants de la vie de Jésus, c’est une affaire de vie et de mort. J’avoue que je suis scandalisé par la débauche festive d’une première communion. Ce n’est pas le moment de se faire beau ni de se distraire dans la fête. C’est une affaire de vie et de mort. Nous devrions le savoir puisque nous le répétons à chaque eucharistie ; « Faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton fils… »
Ainsi donc, communier c’est être associés au cœur de la vie de Jésus et donc au cœur de la vie des hommes, puisqu’il est impossible de séparer Jésus de l’humanité tout entière dont il veut faire une fraternité, un peuple de frères.
Souvent, l’on demande, mais qui prouve que c’est vrai ? J’ai répondu mercredi à Emilie, en CM2, que rien ne le prouve, que si on pouvait le prouver il ne s’agirait plus de le croire, de faire confiance. Nous croyons qu’en mangeant ce corps et en buvant cette coupe, nous proclamons la mort de Jésus jusqu’à ce qu’il revienne, nous croyons que nous communions aux moments importants de sa vie.
Et en célébrant l’ascension de Jésus, l’absence de Jésus de ce monde, après sa mort et sa résurrection, nous sommes obligés de faire confiance. Il n’est plus là pour qu’on le voie, qu’on le touche. Il a juste laissé comme signe de sa présence un repas. Ce n’est pas beaucoup et ce n’est guère univoque, car des repas, on en prend un paquet !
Mais voilà, quand le repas est fraternité, quand le repas est fraternité au nom de Jésus, c’est l’eucharistie. « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. » L’absence de Jésus nous oblige à vivre en frère, à partager un même pain, pour que l’on fasse mémoire de l’amour infini de notre Dieu. L’absence de Jésus nous engage à nous retrouver pour partager le pain, pour que l’on se souvienne de ce qu’un Dieu a aimé l’humanité jusqu’à se donner tout entier à elle : Prenez, mangez, prenez, buvez, c’est mon corps pour vous, c’est moi pour vous.
Que ceux qui trouvent que je manque de sens du sacré devant le très saint sacrement se rassurent. Ce n’est pas le repas des « potes à Jésus » ! C’est l’Esprit qui nous donne et de nous rassembler, et de manger du même pain en frères, et de nous rappeler tout ce que Jésus nous a dit. Envoie ton Esprit sur ce pain et ce vin pour qu’ils deviennent le corps et le sang de ton fils et que nous soyons rassemblés par l’Esprit saint en un seul corps.
Ce n’est pas pour nous que nous communions, je veux dire chacun pour soi, pour que Jésus vienne habiter en chacun. Cela ne s’appellerait pas communion ! C’est pour l’humanité tout entière, et donc aussi pour nous membre de cette humanité. Nous communions pour que l’on n’oublie jamais que Jésus nous a aimés. C’est autour des repas que se passent les choses importantes de la vie de Jésus. Nous comptons les uns sur les autres, dimanche après dimanche, pour nous rappeler et rappeler au monde, par notre communion à l’autel, que Dieu nous aime infiniment.

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