vendredi 5 mai 2017

Notre vocation (4ème dimanche de Pâques)


Le 4ème dimanche de Pâques est habituellement journée de prière pour les vocations. L’évangile est tiré du chapitre 10 de Jean, Jésus est le beau, le bon et unique pasteur. Déjà Ezéchiel annonçait que Dieu congédie ceux qui prétendent conduire le peuple. Ils ne cherchent que leurs intérêts et détruisent le troupeau. En ce jour d’élection présidentielle, nous pouvons constater que la critique des politiques n’est pas d’hier ! Constatant leur incurie, Dieu décide d’être lui-même le berger, celui qui prend soin de son peuple.
Jésus se dit berger, le beau berger ; il affirme ainsi non seulement qu’il veut le bien des hommes, mais aussi qu’il assume le rôle de Dieu même, pasteur de son peuple. Pour dire qui est Jésus, il faut dire sa mission. Il est l’homme pour nous. « Il appelle chacun par son nom. »
Ezéchiel 34 comme Jean 10 sont une critique de tous les pouvoirs, religieux ou politiques notamment, de tous ceux qui prétendent présider à la destinée des autres. Les Ecritures rayent d’un coup de plume tous les clergés, aréopages de spécialistes souvent autoproclamés (même s’il y a des élections), qui confisquent pour eux ce qui revient à tous, qui détournent à leur profit ce dont ils sont censés veiller à la juste répartition, mercenaires et voleurs, qui entrent par effraction dans la bergerie.
Difficile dès lors de trouver un politique ou pasteur chrétien, puisque par définition, les pasteurs autres que Dieu ne sont que des voleurs et des bandits. Et pourtant, il faut bien gouverner les nations et les Eglises…
A notre baptême, nous avons été configurés au Christ, prêtre, prophète et roi. Comme rois, nous recevons la charge de la conduite des affaires de ce monde ; comme prophètes, nous avons la responsabilité de faire entendre sa parole ; comme prêtres, nous devons présenter à Dieu l’humanité tout entière.
La condamnation des mauvais pasteurs, qui conduisent l’économie, la politique, la religion, passe non par l’absence de gouvernants ou d’évêques, impossible, mais par la responsabilité de tous. Et nous chrétiens, serions le ferment dans les sociétés de ce que chaque homme est appelé à gouverner les affaires du monde, annoncer une parole de la vérité et de liberté, et rendre grâce à l’unique pasteur, par l’appel qu’il adresse précisément à chacun : « Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. »
Le baptême confère à tous une égale dignité, et annonce que telle est la destinée de tout homme en ce monde, dans les sociétés et dans l’Eglise. C’est révolutionnaire ! « Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus. »
Notre baptême nous engage en ce monde, dans l’Eglise, puisque l’unique pasteur, nous appelle chacun par notre nom. Nous sommes appelés pour être prêtre, prophète et roi. Nous sommes appelés pour être envoyés, faire sortir le monde vers la libération et la vie comme le peuple sortit d’Egypte.
Il n’y a pas à attendre de voix particulière qui commanderait que l’on entre au séminaire ou soit religieux. L’appel a déjà retenti depuis la mort et la résurrection de Jésus, et nous, ses disciples, sommes prophètes à indiquer qu’« il appelle chacun par son nom ». Il n’y a rien de surnaturel dans la vocation, rien d’extraordinaire. Il y a la préoccupation incroyable de l’unique pasteur pour son peuple où « il appelle chacun par son nom ».
N’attendons pas d’autre signe du ciel que l’appel de Jésus dont l’Eglise s’est fait l’écho à notre baptême pour entendre notre vocation. Alors, et chaque jour, « il appelle chacun par son nom ». Répondre à sa vocation, c’est, dès lors, vivre en baptisé, tâcher de donner à sa vie la forme d’une réponse. Comment notre vie est-elle réponse à l’amour du berger qui « appelle chacun par son nom » ?
Puisque c’est jour d’élection, puisque chacun est gardien de son frère, berger, il faut bien se mouiller et honorer notre vocation notamment royale, il faut bien s’engager politiquement et selon l’évangile. A     lors, voilà qui ne sera pas une consigne de vote, parce que chacun est assez grand et que l’on vote librement, voilà ce qui sera ma manière de répondre à ma vocation devant et pour vous, devant et pour Dieu : « On t’a fait savoir, homme, ce qui est bon, ce que le Seigneur réclame de toi : pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec ton Dieu. » (Mi 6, 8)

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