samedi 31 mai 2014

Rendons grâce au Seigneur notre Dieu (1ère communion)



Durant la retraite de première communion, nous avons essayé de conduire les enfants sur le chemin de l’eucharistie. Il s’agit évidemment de dire le plus important. Et par quoi commencer sinon par ce que signifie le mot, non traduit du grec, seulement transcrit. Eucharistie, action de grâce, remerciement, merci. L’eucharistie est la manière pour les disciples de Jésus de dire merci à Dieu. Nous ne disons pas merci pour le pain reçu, action de grâce après la communion. Nous faisons l’action de grâce, nous disons merci en communiant, en recevant le pain.
Mais de quoi dire merci ? Qu’est-ce que Dieu nous donne ? Dans un monde sorti de la religion, dans un monde de la cause et de l’effet, il devient bien difficile de repérer l’action de Dieu. Nos benedicite sont des rites qu’il ne faut pas trop interroger. Prendre un moment de prière, alors que l’on est rassemblé, alors que ce qui se passe est important, se nourrir et se rencontrer, c’est sans doute très bien. Mais remercier le Seigneur qui aurait rempli notre assiette, c’est plus difficile. N’aurait-il donc pas rempli l’assiette de tous ces enfants qui meurent de faim ? Quelle horreur !
Ainsi donc, de quoi dire merci ? Que signifie dire merci à Dieu ? La seule chose, si l’on peut dire, que Dieu nous donne, c’est son amitié, son amour. Et son amour c’est Dieu lui-même. La seule chose, si décidément on peut dire, que Dieu donne, c’est lui-même. Et nous lui disons merci de s’offrir à nous, d’être le compagnon de route, d’être celui qui déclare, à tout bout de champ, tu es mon enfants bienaimé ; tu as du prix à mes yeux.
Nous voilà aimés, non seulement de nos parents, amis, et autres. Nous voilà aimés par Dieu même. Et cela nous transforme, comme tout amour. Cela nous transforme en celui que nous recevons, comme tout amour. Cela élargit, dilate notre vie. Alors, oui, merci, nous rendons grâce à Dieu.
Nous rendons grâce à Dieu, parole que nous répétons au cours de l’eucharistie précisément, dans le chant du gloire à Dieu, pour acclamer les lectures, pour ouvrir la grande prière, et au moment d’aller en paix, sur les routes du monde, envoyés en mission. Quatre moments de la célébration comme chacun sait, quatre expressions de notre merci.
Et comment fait-on pour remercier Dieu. Et bien, j’en conviens, c’est un peu curieux, encore qu’à bien y penser, il n’y a pas bien d’autres moyens. Pour rendre grâce à Dieu, nous tendons les mains, nous rompons le pain que nous partageons. Pour remercier Dieu, il nous faut encore recevoir !
Ce n’est pas si étrange, car que pourrions-nous donner ? Quel cadeau conviendrait à Dieu ? Les colliers de nouilles ne font guère plaisir si ce n’est la joie d’offrir sa joie, mais ils ne sont supportables que de la part des petits. Allons-nous offrir au bon Dieu des colliers de nouilles spirituels ? Oh oui, si nous avons cinq ans ! Après, mieux vaut retourner les mains, les ouvrir pour recevoir, encore, toujours.
Si nous disons merci, c’est que nous reconnaissons l’autre avant nous. Nous ne pouvons nous prendre pour la source. Pour rendre grâce à la source de sa gracieuse générosité, il faut boire, se désaltérer, à profusion. Il faut ouvrir les mains si grand pour retenir un peu de la surabondance. Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance.
Et que fait-on lorsque l’on a communié ? On ouvre les yeux, on reste debout, et l’on contemple le corps du Christ se nourrir du corps du Christ. On regarde l’assemblée communier, rendre grâce, et nous sommes entraînés à ne former qu’un seul corps, et nous sommes émerveillés de tant de générosité du Dieu qui ne cesse de s’offrir.
Le pain de l’action de grâce, nous allons aussi en conserver pour les absents. Nous allons le conserver comme ce qui fait vivre. Rien de plus, rien de moins. S’il est un second mot à dire de l’eucharistie, c’est celui de communion. Elle est merci qui fait la communion.
Les disciples de Jésus, enfants d’un Père prodigue, généreux à profusion, qui gaspille son amour, se reconnaissent à ce que, pour eux, vivre c’est dire merci ensemble. Vivre, c’est reconnaître, au sens d’être reconnaissant, et nous ne pouvons l’être qu’ensemble. Nous reconnaissons le Père et son amour et nous sommes unis à lui comme le corps de son fils. Rendons grâce au Seigneur notre Dieu ; cela est juste et bon.



1 commentaire:

  1. dominique Bargiarelli31 mai 2014 à 15:06

    De deux choses l'une
    -ou je suis soudainement devenu intelligent (mais c'est sans doute fugitif)
    -ou le niveau de votre dernière intervention est nettement moins ardue que d'habitude (mais il est vrai qu'elle est destinée à des enfants...) toujours est-il que je l’apprécie entièrement

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