mardi 7 avril 2015

Entre dénonciation nauséabonde de cathophobie et silence complice

On m'a fait connaître un article de Blog qui refuse, à juste titre ce me semble, la récupération des assassinats au Kenya et au Moyen Orient au profit de la dénonciation d'une soi-disant cathophobie.

Quelques réflexions que cela me suggère.

Je partage le sentiment de réserve, de malaise, de l'auteur de ce post devant la récupération par certains cathos de l’affaire RATP et du drame Kenyan. Comme toute récupération elle est nauséabonde, parce qu’elle instrumentalise un événement au profit d’un autre, en l’espèce le mort d’innocents au profit d’une lute politique.

Mais…
Mais le Cardinal Barbarin, qui n’est pas du genre tendre ni indulgent envers l’actuel gouvernement, a rendu hommage à la France pour son action en faveurs des chrétiens du Moyen Orient. (Le titre du post dit le contraire de son contenu)
Mais il faut bien se lever contre la violence, et si l’on ne sait pas recommencer le 11 janvier, il faut trouver autre chose. Il n’y a pas eu assez, de mon point de vue, de dénonciation de l’assassinat des vingt et un coptes décapités en Libye le 15 février ni de celui des habitants du Yémen, cent quarante deux musulmans, dans trois mosquées Sanaa.  
J’ai peur, depuis les 7-9 janvier, d’oublier encore du monde, même en ajoutant les victimes du Bardo.
De façon peu diffusée, on apprend, mais je ne sais vérifier ces informations, même si je ne les ai pas puisées n’importe où, que Daesh s’oppose aux Talibans en Afghanistan, que les musulmans sont les premières victimes de Daesh. « La porte-parole du Département d'Etat américain, Jane Bsaki, a indiqué que "Daesh cible les minorités religieuses ce qui est une preuve supplémentaire de la brutalité inhumaine sur tous ceux qui violent ses objectifs et ses croyances toxiques" Elle a ajouté que "cette organisation terroriste continue à étendre son mal sur des innocents de toutes les sectes dont la majorité des victimes sont des musulmans". » C’était fin mars. (Voir par exemple ici)

Alors, on fait quoi ?
J’ai partagé des photos des cadavres jonchant le sol au Kenya. J’ai cherché comment dire une solidarité, si difficile pour n’être pas seulement virtuelle. Fallait-il émouvoir ? Avoir son lot de martyrs ? C’est plutôt comme après un décès. Je vais m’incliner devant la dépouille du défunt. Dans la maison de personnes âgées que je visite, je rends cet hommage chaque fois que je le peux. Pour ne pas cacher cette mort que nous ne saurions voir, pour saluer ce qui reste d’un frère ou une sœur en humanité. Dans ce salut (salutare), il y a déjà du salut (salvare).

Il y a par ailleurs, et l’amalgame est insupportable, mais guère évitable à cause de l’affaire RATP, la question de la laïcité en France, qui est voulue par certains de plus en plus comme un refus des religions. Je prends un exemple qui a été peu relayé, celui de l’annulation de la visite duPremier Ministre à la Catho de Paris et un autre qui l’a été un peu plus à propos des associations de centres devacances et de loisirs confessionnels. On pourra aussi parler du discours de Sarkozy à propos du porc dans les cantines et de son revirement en matière de « laïcité ouverte », de l’obligation d’ôter sa Kippa pour voter, de l’interdiction du port du voile en fac ou dans les sorties scolaires, etc., etc.

La loi de 1905 n’est pas ce boycott du religieux. Le refus du religieux dans la société, espace public compris, est même contraire à l’article 18 de la déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948.

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