samedi 28 novembre 2015

En avent, en avenir de justice (1er dim. Avent)


Comme chacun sait, comme le dit la préface que nous lirons dans un instant, l’avent est un temps de préparation, non pas à Noël, « car il est déjà venu », mais à la venue de Jésus à la fin des temps, car nous n’en pouvons plus de ce monde de violence, des guerres, du terrorisme, des inégalités. « Il viendra de nouveau revêtu de gloire ». Reste à savoir quand.
Nous pourrions trouver chez le prophète un indice. Relisons le texte : « En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai germer pour David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice. En ces jours-là, Juda sera sauvé, Jérusalem habitera en sécurité, et voici comment on la nommera : "Le-Seigneur-est-notre-justice". »
Evidemment, Jérusalem n’est pas en sécurité, c’est même un des foyers de tensions, non seulement géographiquement, mais symboliquement. Pourtant, parce que le Seigneur est fidèle à sa promesse, c’est bien de David que naîtra le germe de Justice.
Qui est ce germe ? Nous autres disons que c’est Jésus, c’est lui qui s’appelle Le-Seigneur-est-notre-justice. Pour les Juifs, il en va autrement et ce germe de justice pourrait être les Fils d’Israël eux-mêmes. Ils sont la descendance d’Abraham par qui sont bénies toutes les familles de la terre.
Pourtant le gouvernement Israélien ne fait rien pour la paix, il continue à protéger voire à encourager les colonies en Palestine. C’est une violence et une injustice insupportable. Le mur qui protège Israël de ceux qu’il appelle ses ennemis, en les humiliants, les laissant vivre comme dans une prison à ciel ouvert, c’est insupportable. La politique israélienne aujourd’hui empêche la mission d’Israël d’être bénédiction pour toutes les familles de la terre, d’être le germe de justice issu de David. Avec tout le respect que nous pouvons et devons aux Fils d’Israël, il faut le dire ; tel quel, l’Etat d’Israël n’est pas le peuple de la promesse. La promesse de Dieu est sans repentance mais elle ne peut justifier de telles violences. Quand Israël ne cherche pas la paix, il discrédite son Dieu qui est aussi le nôtre. Certes, notre Eglise est mal placée pour faire la leçon, mais ce n’est pas une raison pour se taire. C’est une raison pour aimer plus encore, et le peuple de la première alliance, et tous les peuples qui dans le premier sont bénis.
Ils sont nombreux les Fils d’Israël qui travaillent à la justice. Il y a en particulier l’un d’entre eux, Jésus. Plus que beaucoup et, selon nous chrétiens, le seul de cette façon là, il est appelé Le-Seigneur-est-notre-Justice. Et si les Fils d’Israël cherchent la paix, si Jésus est notre justice, la fin des temps est déjà là. Il ne faut pas l’attendre pour demain. N’est-ce pas d’ailleurs aujourd’hui que « sur terre, les nations [sont] affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes [meurent] de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux [sont] ébranlées ».
Y a-t-il alors quelqu’un pour reconnaître celui que l’on nomme Le-Seigneur-est-notre-justice ? Y a-t-il quelqu’un pour ne pas désespérer de la vocation d’Israël à être bénédiction pour les peuples ? Y a-t-il quelqu’un pour croire qu’aujourd’hui Jésus est notre justice. Juifs et chrétiens, s’en trouvera-t-il parmi nous pour être les hérauts de la justice ?
En entrant en avent, nous n’attendons pas un événement passé depuis 2000 ans. Nous n’attendons pas non plus le messie comme on attend Godot. Nous sommes les guetteurs de la justice, ici et maintenant. « Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »
Se tenir debout, non pas vautrés comme des pachas avachis sur ceux qu’ils oppriment, ni écrasés, humiliés, à genoux comme des esclaves. Se tenir debout pour témoigner du germe de justice, en refusant la violence ; avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver. Après les attentats, qui sans cesse se répètent, encore cette semaine en Tunisie, nous n’entrerons pas dans la haine, dans la vengeance, dans la violence puisque nous entrons en avent.
Entrer en avent, c’est témoigner que la fin du monde n’est pas une catastrophe, mais au contraire, la fin des catastrophes, parce que Le-Seigneur-est-notre-justice. Entrer en avent, c’est reconnaître la fin du monde, autrement dit, ne plus faire confiance à la violence et la guère pour régler les conflits, mais à la justice. On pourrait essayer, non ? Voilà des millénaires qu’on fait confiance à la force et à la violence et cela ne marche pas. Ne serait-il pas intelligent d’essayer autre chose ? Entrer en avent, puisque Le-Seigneur-est-notre-justice, c’est changer de vie : on ne peut vivre avec lui si l’on est violent, si on laisse l’injustice prospérer. Nous pourrions entrer pour de bon en avent, et pas seulement selon le calendrier.
Juifs et Chrétiens, c’est notre mission d’entraîner tous les peuples de la terre, toutes les religions et opinions de ce monde, à la justice. Nous ne le ferons pas par la violence. Si Juifs et Chrétiens peuvent ne plus se haïr, n’est-ce pas le signe qu’une paix entre tous est possible ? Qui prépare Noël risque de trouver une bonne raison pour ne pas travailler à la justice, préoccupés par ses santons, sa tradition plus que par le frère qui crie justice. Qui imagine la fin du monde pour un autre temps, fort éloigné, risque de ne pas vouloir changer ce monde, laissant à la violence encore un avenir. Mais en avent, nous sommes en avenir de justice. Depuis Jérusalem, que soit annoncée la paix ! Depuis la crèche et la croix, est manifeste que Le-Seigneur-est-notre-justice.

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