mercredi 10 février 2010

Qu'en est-il de la résurrection ?

La foi à l’épreuve de l’histoire…


Propos tenus à l'Institut Français de Barcelone dans le cadre d'une soirée débat avec A. Puig, doyen de la faculté de théologie de Barcelone.


La résurrection de Jésus pour l’historien comme pour le théologien n’est pas un fait observable. Vous aurez remarqué qu’aucun des évangiles ne la raconte. Les textes présentent toujours des récits d’apparition, mais aucun récit de résurrection. En conséquence, dans l’iconographie, la résurrection est assez peu représentée, à la différence des pèlerins d’Emmaüs, de l’apparition à Thomas ou à Madeleine.


Une résurrection invisible

Le terme ressusciter qui est devenu pour nous un terme technique, se dit dans le grec des évangiles (se) lever ou (se) réveiller, un terme tout à fait commun, pas technique du tout. On le trouve donc assez souvent dans les textes. Quand a-t-il le sens de ressusciter, quand a-t-il son sens premier ? Et l’un exclut-il l’autre ? Lorsqu’au début de l’évangile de Marc le paralysé est guéri, qu’il prend son brancard et rentre chez lui, s’agit-il d’une résurrection ? Lève-toi, dit Jésus (Mc 211). Non puisque l’homme n’était pas mort. Mais si, d’autant que l’on peut traduire réveille-toi. L’homme ne dormait pas et la paralysie parle d’autre chose : le péché qui n’est pas que la faute, mais la mort. La guérison est figure de résurrection.

Ceci dit, si l’on prend l’évangile de Marc, on peut dire que l’on n’y parle pas de la résurrection de Jésus. En effet, on s’accorde à reconnaître que les derniers versets de l’évangile (169-16) ont été ajoutés. Le texte se finissait avec l’épisode des femmes qui, certes entendent la nouvelle de la résurrection (il s’est levé, il s’est réveillé) mais qui, toutes tremblantes, n’en disent rien à personne. Il n’y a pas de récit d’apparition dans cet évangile ; ces quelques versets des femmes qui se taisent succèdent immédiatement à la mort de Jésus (Mc 1537-39) et la mise au tombeau (Mc 1540-47) et achèvent l’évangile.

Marc n’a pas besoin de la résurrection si l’on peut dire. En effet, au moment même de la mort, en 1539, le centurion voyant comment Jésus avait expiré déclare : Pour de vrai, cet homme était le fils de Dieu ! L’architecture du texte se tient avec cette troisième déclaration. Nous avions entendu au chapitre premier une voix des cieux déclarer à Jésus lors du baptême : Tu es mon fils bien-aimé, tu as toute ma faveur (Mc 111) ; en plein centre du texte, les disciples entendent une voix de la nuée qui dit : celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le (Mc 97). Voilà qu’un païen, centurion romain, au nom de tous, plus que les disciples eux-mêmes représentés par les femmes, confesse l’identité de Jésus : Vraiment, cet homme était fils de Dieu. Le trajet de la reconnaissance de Jésus par toutes les nations est arrivé à son terme, a réussi. Qu’y aurait-il d’autre à raconter ?

Ainsi, il est plus difficile qu’il n’y paraît de savoir quand on parle de résurrection dans les textes évangéliques et à la limite, au moins d’après un des évangiles ‑ certes s’il y a quatre évangiles, c’est que l’on ne peut se replier sur un seul, mais que l’on ne peut non plus ignorer les originalités de chacun – on ne parle pas de la résurrection de Jésus.


Des confessions de foi ou récits d’apparitions

Les trois autres évangiles rapportent des récits d’apparition qui sont parfois aussi des récits de liturgie. Mais surtout, ces récits sont toujours des confessions de foi, une reconnaissance du Ressuscité. Cette reconnaissance ne relève pas d’une identification scientifique mais d’un devenir disciple. La reconnaissance de Jésus par les disciples n’est évidemment pas une recherche ADN ni même une reconnaissance de corps. Ce serait plutôt une reconnaissance au sens d’un remerciement, d’une action de grâce, ce qui se dit en grec eucharistie. Et ce n’est pas pour rien que certains textes ont forme liturgique.

Les témoins de la résurrection de Jésus ne livrent pas un fait. On peut même dire que la résurrection de Jésus n’est pas un fait historique au sens qu’il n’est pas observable, quand bien même les chrétiens le tiennent pour un fait qui s’est produit dans l’histoire. On peut en apprécier les conséquences, ce qu’il a permis, mais l’événement lui-même échappe, atteignable seulement à travers les traces qu’il laisse, les disciples qui se lèvent et annoncent une bonne nouvelle. On ne reconnaît pas le ressuscité autrement que l’on reconnaît un amour, à travers des traces ou des signes et non par des preuves. Reconnaître le Ressuscité, c’est entrer dans l’Alliance nouvelle. En dehors de la relation d’alliance, la résurrection est vide de sens, au mieux mythologique. Toute relation basée sur la confiance est ainsi car la preuve tue la confiance.

Les textes expriment cette reconnaissance dans le cadre d’une alliance lorsqu’ils disent en même temps que les disciples voient Jésus mais ne savent pas si c’est lui (Jn 214.12 ; texte a une saveur eucharistique au verset 13). On peut dire la même chose d’Emmaüs qui prend soin de préciser que « leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » (Lc 2416) et de la remarque laconique de Mt 2817 : « quand ils le virent, ils se prosternèrent ; d’aucuns cependant doutèrent ». Manifestement, les disciples n’ont pas rencontré Jésus après sa résurrection comme on rencontre quelqu’un dans la rue. La résurrection de Jésus n’est pas le retour du même, ou alors Jésus aurait dû à nouveau mourir, ou alors Jésus serait encore à vivre comme un homme de 2000 ans, ce qui est aussi absurde que contraire à l’humanité qu’il a assumée. La résurrection de Jésus ouvre un nouveau mode de vie, pour lui et pour ceux qui vivent avec lui. Cette insistance sur le chemin de la reconnaissance dit la conversion nécessaire, le retournement, le passage de la non foi à la foi comme il est dit à Thomas (Jn 2027).

Peut-on dire ce qui s’est passé ? Faut-il croire ce qui est raconté au premier degré ? Le texte fait tout pour que cela soit impossible, multipliant les paradoxes et incohérences, comme pour obliger à chercher ailleurs. Le texte lui-même le dit : il n’est pas ici (Mt 286, Mc 166, Lc 246) ; il n’est pas dans la lettre, morte et fermée comme un tombeau, mais dans l’esprit que la lettre tente de porter, comme elle peut.

Que veut-on essayer de dire ? Et comment dire l’indicible, ce pour quoi nous n’avons pas de mots ? Jésus mange comme avec un corps, mais son corps peut entrer dans une maison complètement fermée comme un tombeau scellé. Il est vivant alors qu’il porte les traces du supplice mortel. Thomas est invité à le toucher ; Marie-Madeleine ne doit pas le retenir, etc.

D’une part, c’est bien lui. La vie qu’il possède désormais n’a pas fait disparaître la mort, le corps reste marqué par les blessures. Jésus est bien mort. Il n’est plus de notre monde. Nous ne le rencontrerons plus jamais comme l’on rencontre les autres hommes. Ainsi dit-on la vérité de son humanité (d’ailleurs qui parmi ceux qui ont bu et mangé avec lui en aurait douté) ? Mais si c’est bien lui, alors l’interrogation est relancée : qui est-il ? Qui vit après la mort ? Comment cela est-il possible ? Avant d’apporter des réponses, même celles du catéchisme, les textes invitent à s’interroger. C’est en outre ainsi qu’ils mettent en marche.

Et si cet homme est le fils de Dieu, alors Dieu a habité historiquement, charnellement, chez les hommes comme un homme, confronté à tout, même à la mort, à la fragilité, à l’immanence de la contingence et à la finitude. La reconnaissance de Jésus fait découvrir un visage de Dieu assez inattendu.

D’autre part, Jésus est vivant avec un corps. Ce corps est assurément un corps humain, supplicié et capable de manger. Ce corps, n’est pas comme notre corps, il échappe aux contingences matérielles. Comment tenir les deux en même temps sans se contredire ? S’il a un corps que l’on reconnaît, ne serai-ce pas pour signifier que le corps, c’est l’homme autant que l’esprit, de sorte qu’il ne s’agit pas ici seulement d’une immortalité de l’âme ou d’une réincarnation ? Le corps a une valeur exceptionnelle s’il sort lui aussi de la mort, ou plutôt s’il constitue l’homme au point qu’un homme sans corps ce n’est pas un homme. La résurrection de la chair n’a pas prétention à dire comment nous serons plus tard, mais d’abord ce que nous sommes fondamentalement, corporels, puisque, si nous devons encore vivre, cette dimension corporelle ne saurait être oubliée ou remplacée par un autre corps. Mais un corps qui échappe désormais aux contingences, c’est un corps que l’on ne voit plus, que l’on ne peut retenir, embrasser. Qu’ont-ils alors vu de Jésus ?


Le corps du Ressuscité

Récits d’apparition dont on a dit qu’ils étaient des confessions de foi, et même des liturgies (que l’on pense en particulier à Emmaüs). Faut-il que les disciples aient vu quelque chose ? Le thème du tombeau vide laisserait entendre le contraire. Il n’y a rien à voir ! Mais cela ne doit pas nous faire rentrer chez nous comme avant (cf. encore Emmaüs). Cela invite à reconnaître quel est désormais le corps. Il est là où réside l’Esprit. La résurrection de Jésus est trinitaire, elle touche l’être même de Dieu comme elle touche sa chair reçue de l’humanité. Dieu est reconnu comme celui qui rappelle de la mort en détruisant la mort ; Jésus est confessé comme le Fils, le premier né d’une multitude ; l’Esprit est livré pour animer la chair de l’humanité. La chair de l’humanité est habitée par le souffle de Dieu : elle ne peut plus être engloutie définitivement dans et par la mort.

Le Ressuscité n’a pas d’autre corps que celui de la communauté qu’il rend à la vie. Non seulement le cadavre de Jésus signe sa mort, mais encore la peur de ses disciples calfeutrés dans quelque maison. Ce qui débarrasserait les autorités de Jésus, ce n’est pas seulement le fait qu’on le supprimerait lui physiquement, mais que son mouvement disparaisse lui aussi.

Dire que Jésus est vivant, c’est dire qu’il a souffle de vie. Et de fait l’Esprit est livré sur la croix. C’est Jean qui le dit le plus explicitement : Il transmit l’esprit pour il rendit l’âme (Jn 1927). Cet esprit, quel corps anime-t-il désormais ? Le corps de Jésus est-il autre que la communauté qui prend corps lorsque l’Esprit est livré ? Si le tombeau est vide, c’est qu’il n’est plus de corps disponible pour des reliques à tenir, mais un corps en genèse, une humanité qui doit recevoir l’Esprit qui donne la vie comme aux premiers jours de la création. C’est cela la résurrection de Jésus, la vie de l’humanité.

Il n’y a pas de résurrection de Jésus qui ne soit pas résurrection de l’humanité. Paul le dit expressément : « Si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité » (1 Co 1516).

Ce n’est pas symboliquement, ou mystiquement, que l’humanité divinisée dont le sacrement est l’Eglise, que cette Eglise est le corps du Christ, cette humanité sa chair. Le vrai corps du Christ, c’est l’humanité dont il a pris chair. Quant à savoir à quoi ressemble la chair d’un ressuscité, et même la chair du Ressuscité, le corps glorifié de Jésus, cela échappe à la description, évidemment. Une chose au moins est certaine, c’est que ce corps de gloire, plus encore que nos corps mortels, dit l’unité de l’humanité, l’homme non comme individu, mais comme personne et communauté, dans une création transfigurée.


Un événement de l’histoire qui échappe à l’histoire

Un fait dans l’histoire qui échappe à l’historien, ai-je dit. Effectivement, ce fait n’est pas observable. Les évangiles eux-mêmes ne disent que le vide du tombeau et personne ne se dit témoin de la résurrection, moment où le corps viendrait à disparaître. L’historien, comme le théologien, ne peuvent que constater les conséquences de ce constat en forme d’affirmation : le tombeau est vide. L’évangile sait bien que cela pourra être interprété autrement (Mt 2863-66).

La vérité de la foi, si vérité il y a, ne relève pas de la science historique. Il ne s’agit pas de discréditer celle-ci, mais simplement se rendre à l’évidence que la vérité de l’histoire n’est pas le dernier mot de la vérité, comme nous le savons tous d’expérience. La vérité de nos amours et alliances est bien autre chose que ce que l’historien pourra en dire.

A son tour, le croyant est lui-même convoqué à la reconnaissance de son impossibilité à détenir une vérité. Pour lui aussi le tombeau demeure vide. Pour lui aussi, il n’y a rien à saisir, que l’on pourrait tenir dans sa main ou dans une vérité de catéchisme. Chaque fois que le croyant voudra trouver dans la résurrection une vérité comme celle selon laquelle deux et deux font quatre, il reprend les mots bien infidèles de Thomas : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas » (Jn 2025). Sganarelle a déjà dit ce qu’il fallait penser de la stupidité de celui qui ne croirait que ce qui appartiendrait à un ordre mathématique : « Dom Juan : Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. / Sganarelle : La belle croyance [et les beaux articles de foi que voici !] Votre religion, à ce que je vois est donc l’arithmétique ? Il faut avouer qu’il se met d’étranges folies dans la tête des hommes, et que pour avoir bien étudié on en est bien moins sage le plus souvent. » (Dom Juan, Acte III, scène 1). Certes, la petite apologétique de Sganarelle se casse aussi le nez. Sans doute parce qu’elle est une explication du monde, plus qu’une marche à la suite du Vivant. Ni Dom Juan ni Sganarelle ne sont croyants ; ce qu’ils savent de Dieu ne les a pas rendus vivants. De là à dire qu’ils demeurent dans la mort…

Pourquoi est-ce à des femmes que la résurrection est annoncée ? L'historien pourra faire remarquer que si l'on avait voulu inventer une telle histoire, on ne serait pas allé la confier, comme dit Luc, au radotage de femmes (Lc 2411). Voilà qui accrédite qu’il s’est historiquement passé quelque chose. Mais pour l'évangile, il s’agit de dire la fragilité du témoignage (même les proches de Jésus, les fidèles des fidèles, les femmes en Marc, les disciples en Luc, n’arrivent pas à croire ; la résurrection ne s’impose pas comme un fait, elle est une interprétation contestable et effectivement contestée) ; il s’agit aussi de faire de la résurrection un avènement à une vie et une vérité comme une nouvelle naissance.

La foi en la résurrection repose sur trois éléments : le tombeau vide, le retour à la vie de la communauté, la vie de Jésus avec ses disciples c’est-à-dire quelques années de l’histoire des hommes. C’est à partir de ce que Jésus a dit, comme le montrent les récits de Lc 24, que les disciples interprètent le vide du tombeau et l’irruption de l’esprit de vie dans la communauté, qu’ils témoignent de ce que le vivant n’est pas à chercher parmi les morts, mais qu’il précède toujours au carrefours des nations (Cf. Mt 2810.16-17).

La relecture interprétative provoque un témoignage qui n’est pas une décision d’un groupe de disciples de maintenir vive la mémoire du Maître disparu, mais ce qui constitue ce groupe. La relecture des disciples comme le montre le récit d’Emmaüs n’est pas de leur fait, mais la réponse à ce qui est compris et vécu comme un envoi en mission pour annoncer à tous que la mort est vaincue. Il y a comme une faiblesse congénitale de la foi en la résurrection qui ne peut semble-t-il exister autrement que comme témoignage (impossible à vérifier factuellement) et vie de et dans la communauté (soumise au contre-témoignage). Il convient en outre de se rappeler que témoignage se dit martyr ; il n’y a ici nulle tyrannie des sentiments mais faiblesse d’un corps exposé.

L’Eglise croit sur le témoignage apostolique et parce qu’elle est mise en route, habitée par l’Esprit qui donne de lire dans les Ecritures ce qu’il en est de Jésus et de vivre aujourd’hui encore comme son corps.

Que sa prédication soit réponse et non invention de sa part n’a d’autre solidité que la fragilité du tombeau vide, qui réclame la foi. L’appel à confesser n’est perceptible que dans la trace qu’il laisse, la réponse, aussi fragile soit-elle, parfois belle, souvent, trop souvent infidèle.

C’est bien dans l’histoire que la résurrection continue à laisser des traces. Celles de la sainteté qui répond à l’appel du seul Saint, celles de la vie qui répond en action de grâce au vivant qui fait vivre. Celles du mal aussi, lorsque du moins, il est possible d’imaginer qu’il soit corrigé, supprimé, non pas oublié, mais devenu confession de, à, celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.

2 commentaires:

  1. Beaucoup de blabla qui ne pèse pas lourd face aux 240.000 morts du Tsunami, aux 217.000 morts d'Haïti et aux innombrables souffrances qui accompagnent la vie (animale et humaine) sur cette planète depuis des millions d'années...
    Le discours théologique est formidable pour quiconque a envie de se raconter des histoires... Heureusement, de plus en plus d'hommes ont le courage de regarder leur finitude en face et refusent ces contes de bonnes femmes... auxquels tant de prêtres eux-mêmes ne croient plus (cf. leur scandaleuse vie privée) ce qui ne les empêche pas de continuer leur ministère sans vergogne.

    RépondreSupprimer
  2. Cher ami,
    je ne suis pas certain que vous ayez bien lu. Et il se pourrait que comme les chrétiens et les prêtres en particulier à qui vous le reprochez, vous répétiez votre blabla athéologique.
    Dans ce texte, il ne s'agissait que d'essayer de dire quelque chose sur la compréhension que l'on peut avoir de la résurrection de Jésus à partir des évangiles. Pour la résurrection des autres, je vous invite à lire le texte suivant, l'homélie du 6ème dimanche ordinaire. Pour la question du mal, terrible en effet, d'un scandale sans limite, j'ai aussi commis quelques textes. Mais il se pourrait que les chrétiens soient encore plus révoltés du mal dont vous parlez à juste titre. Et six millions de Juifs ! Le peuple de Dieu massacré et Dieu qui ne fait rien. Comment encore parler de Dieu après Auschwitz ?
    Deux choses me chagrinent dans ce que vous dites.
    1. Que la résurrection ne soit pas une évidente certitude, c'est ce que j'essaie de dire en soulignant la faiblesse de croire, en soulignant la peur des femmes réduites au silence. En outre, à propos de la finitude et de son acceptation, je crois en parler explicitement, comme signe de l'incarnation pour Jésus lui-même. Il s'agit dans mon texte d'immanence, de contingence, de finitude. Et comme pour bien en marquer toute l'importance, je me débrouille à mettre les trois mots dans la même phrase. Il n'y a pas que les athées qui ont lu et fait leur miel de Feuerbach et Nietzsche. Il se pourrait même que certains croyants soient plus critiques quant au fait religieux que ce que le revers de main méprisant de l'athéisme avance.
    2. Les prêtres qui n'y croient plus. Sans doute cela existe, et cela a-t-il toujours existé. Mais leur scandaleuse vie privée (à quoi faites-vous allusion, surtout si c'est privé?) ne les empêche même pas d'être croyants. Feriez-vous partie de ceux qui, comme les pharisiens, réduisent la foi à une pureté morale ? Figurez-vous que ce sont les malades qui ont besoin du médecin et qu'Il est venu pour les pécheurs, non pour les justes. Si vous faites partie des justes, je peux comprendre que vous n'ayez pas besoin de lui. Mais qui est juste ?
    Je ne dis pas cela pour légitimer les pires crimes que les prêtres, comme les autres, sont capables de commettre. Avez-vous déjà visité quelqu'un en prison ? Peut-il garder quelque estime à vos yeux, quoi qu'il ait fait ? Je sais bien que cela ne vous convaincra pas, mais enfin, aux yeux de quelques hommes au moins, aux yeux de Dieu aussi (si jamais il est possible de parler en son nom, c'est là la véritable folie, dangereuse d'ailleurs, des croyants), même le pire des salauds peut encore être aimable. C'est peut-être seulement cela la foi en la résurrection. La vie même détruite par le crime, la vie de la victime et aussi du bourreau, pourra-t-elle être rappelée de la mort ?
    Dernier point: qu'entendez-vous par vie animale ? La vie est par définition animale. Il n'y a pas de vie sans animation. S'agit-il d'un pléonasme ? Ou bien parlez-vous de nos amies les bêtes. Je n'ose penser que vous auriez le même état d'âme pour elles que pour les millions de morts innocents. Sans compter que certaines de ces petites bêtes sont elles -mêmes la cause de trop de ces morts innocentes (pensez au moustique du palud).
    Bien à vous

    RépondreSupprimer