vendredi 27 mai 2011

Prêts à rendre raison de l'espérance qui nous habite (6ème dim. de Pâques)

Soyez prêts à rendre raison de l’espérance qui vous habite. La lettre de Pierre invite à savoir expliquer à ceux qui nous le demandent ce que signifie l’espérance de notre foi.
Notre situation contemporaine, avec beaucoup de non chrétiens, ou d’anciens chrétiens, avec des peu ou pas croyants autour de nous, parmi ceux que nous aimons, enfants, familles, amis, donne à cette recommandation de Pierre un relief particulier.
L’’Eglise fit que l’Evangile traversait toute la société au point d’organiser toute la vie, de fixer les fêtes, de régler les comportements : rendre raison de son espérance, n’était pas vraiment une urgence. Puis, l’unanimité chrétienne s’est distendue ; on a alors compté sur les prêtres et les religieuses. N’étaient-ils pas les modèles des chrétiens, véritablement engagés dans la foi ?
Nous ne pouvons plus faire des prêtres et des religieux le modèle des chrétiens. Par leur baptême et leur confirmation, tous les disciples de Jésus ont de quoi vivre radicalement de l’Evangile. Les sordides affaires de mœurs, qui ont sans doute toujours existé mais auxquelles nous sommes à juste titre plus sensibles aujourd’hui, discréditent aussi, au moins partiellement, ces prétendus spécialistes de la foi.
Et puis, faire de certains les spécialistes de la foi, voilà une manière de ne pas se sentir responsable de l’Evangile. Or c’est à tous que la lettre de Pierre lance cet appel : Vous devez toujours êtres prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous.
Ceux qui réclament cette explication ne peuvent être tenus pour des ennemis de la foi. Ainsi, il n’y a pas dans cette présentation de la foi de défense, de combat. Il s’agit seulement d’expliquer pourquoi nous sommes disciples de Jésus, de mettre en évidence le sens de la vie chrétienne. S’agira-t-il d’une démonstration de puissance par quelque miracle ou quelque argument décisif ? Si Jésus n’est pas arrivé à convaincre, il y a fort à parier que nous n’y parviendrons pas non plus. Si nous sommes les disciples du Témoin fidèle, alors notre explication aura la couleur de ce qu’est un témoignage, sa faiblesse. En grec, témoignage se dit martyre.
Un témoin, rien ne prouve qu’il a raison. Il s’engage pour la cause dont il est solidaire. Qu’est-ce qui garantit qu’il n’est pas un faux-témoin ? Rien, si ce n’est peut-être qu’à son tour il est prêt à souffrir plutôt qu’à faire souffrir au nom de ce qu’il défend. Le témoin risque vite de se trouver accusé. C’est dire la fragilité de son témoignage. De fait, il nous est sans doute à tous arrivé de vouloir défendre le christianisme, et de nous trouver accusés de soutien à une institution dont certains épisodes de son histoire font honte.
Ainsi, une démonstration de force de notre foi est contraire à l’Evangile. N’est-ce pas ainsi que poursuit la lettre : Faites-le avec douceur et respect. […] Il vaudrait mieux souffrir […] C’est ainsi que le Christ est mort.
Mais pour expliquer, pour rendre raison de ce qui nous habite, encore faut-il avoir les mots. Certes, il y a le témoignage des œuvres. Mais il n’est pas de celui qui rend compte, qui explique. Il montre et c’est énorme, sans doute premier. Parfois cependant, il faut aussi expliquer. Comment le pourrons-nous si nous ne savons pas réfléchir notre foi, notre attachement au Christ, si nous n’avons pas les mots pour le dire ?
L’invitation, le commandement de la lettre apostolique est déjà une convocation pour nous-mêmes. Comment est-ce que je comprends ce que je vis ? Si je ne peux en rendre raison, je risque fort de cultiver une sorte d’ésotérisme, jamais garanti contre les pires dérives, jamais missionnaire. L’exigence apostolique situe la foi du côté d’une rationalité que le mot à mot grec de la lettre montre très explicitement. Cela signifie aussi que, pour intime qu’elle soit, notre foi n’est pas privée, incommunicable. Elle est la foi d’une communauté. C’est l’Eglise qui croit. Ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Eglise, disons-nous à chaque eucharistie.
Expliquer, rendre raison, c’est accepter de réfléchir, de comprendre, et non répéter par cœur un catéchisme, appris il y a longtemps ou publié plus récemment. L’incitation apostolique ne veut pas faire de nous des perroquets d’un texte, même bien fait. Elle nous engage à un travail de l’intelligence. Quand en prenons-nous le temps et les moyens ? Quand prenons-nous le temps de nous former à la lecture biblique avec un niveau comparable à celui de notre culture générale ? Ne pas le faire, n’est-ce pas se moquer et de Dieu, et de notre foi, et de nous-mêmes et des autres ? Cela fait beaucoup !
Nos enfants, petits enfants, amis, posent des questions pleines de bon sens. Et nous ne pourrions pas même commencer à y répondre ? Ils ne pourraient que comprendre qu’en définitive notre foi ne compte pas tant que cela pour nous puisque nous ne pouvons pas même en rendre compte.

Seid stets bereit, jedem Rede und Antwort zu stehen, der nach der Hoffnung fragt, die euch erfüllt. Der Petrus Brief läd uns dazu ein, daß wir erklären können, denen die uns danach fragen, was die Hoffnung unseres Glaubens bedeutet.
Die heutige Situation, mit vielen Nicht-Christen, oder ehemaligen Christen, mit Leuten nicht oder wenig gläubig, um uns herum, unter denjenigen die wir lieben ‑ Kinder, Familie, Freude – bringt diese Empfehlung von Petrus einen besonderen Sinn dar.
Die Kirche machte, daß das Evangelium die ganze Gesellschafft und das ganze Leben organisierte, setzend die Feste fest, regulierten das Verhalten. Zur dieser Zeit, war Rede und Antwort zu stehen nicht zwingend. Nachher, löste sich die allgemeine Zustimmung auf ; man zählte auf Priester und Ordensschwestern. Waren sie nicht das Vorbild des Christseins und im Gauben wirklich engagiert ?
Wir können nicht mehr Priester oder Ordensbrüder und Schwester als Vorbild nehmen. Durch seine Taufe und Firmung, kann jeder Jünger Christus nach dem Evangelium radikal leben. Priester oder Ordensleute als Vorbild zu nehmen, bedeutet, daß man sich für das Evangelium nicht verantwortlich fühlt. Nun der Petrus Brief ruft dazu : Seid stets bereit, jedem Rede und Antwort zu stehen, der nach der Hoffnung fragt, die euch erfüllt.
Diejenigen die nach unserer Hoffnung fragen, können nicht fremd zu dem Glauben gesehen werden. So, die Vorstellung des Glaubens besteht nicht in Verteidigung oder Kampf. Es handelt sich nur darum, daß wir erklären, warum wir Jünger Christus sind, wie das Leben der Christen sinnvoll ist. Keine Gewaltdemonstration durch welche Wunder geschehen oder ein entscheidendes Argument. Wenn Jesus seine Gegner nicht überzeugen konnte, wie können wir dann überzeugen ? Wenn wir Jünger des treuen Zeugens sind, unsere Erklärung wird so wie ein Zeugnis aussehen, nämlich schwach. Auf griechische Sprache Märtyrer bedeutet Zeuge.
Nichts beweist, daß der Zeuge recht hat. Der Zeuge engagiert sich und teilt das Los des anderen. Was beweist, daß er kein falscher Zeuge ist ? Nichts, außer das, daß er bereit ist, mehr selbst zu leiden im Namen dessen er bezeugt, als leiden zu lassen. Der Zeuge läuft Gefahr, als Angeklagter zu erscheinen. Sehet wie das Zeugnis immer schwach ist ! Und zwar, haben wir alle das erfahren, als wir das Christsein verteidigen, uns als Angeklagter wiederzufinden, zum Beispiel, eine Institution zu stützen, dessen Rolle in der Geschichte nicht immer schön war.
Ein Gewaltargument ist für unseren Glauben dem Evangelium entgegengesetzt. Ist es nicht das, was wir im Petrus Brief lesen können : Antwortet bescheiden und ehrfürchtig […]. Es ist besser […] zu leiden. […] Den auch Christus ist […] gestorben.
Um die Hoffnung die uns erfüllt zu erklären, um sie widerzuspiegeln, sollen wir die Worte dazu haben. Zwar gibt es das Zeugnis von den Werken. Aber, gilt es nicht wenn wir erklären sollen. Es zeigt, und das ist viel, sicher das wichtigste. Manchmal doch, dürfen wir auch erklären. Wie könnten wir es tun, wenn wir unserer Glaube nicht verstehen, wenn wir unsere Anhänglichkeit an Christus nicht reflektieren ?
Die Einladung, der Befehl des apostolischen Briefes ist schon jetzt ein Vorgeschmack für uns selbst. Wie verstehe ich, was ich lebe, was ich glaube ? Wenn ich das nicht erklären kann, würde ich stark esoterisch sein, mit dem Risiko von schlimmsten Abdriften, ohne Missionsgeist. Der apostolische Befehl stellt den Glauben wie etwas Rationales hin. Unser Glaube ist sicher nicht privat, sondern mitteilbar. Er ist der Gaube einer Gemeinschaft. Die Kirche glaubt, wie wir es jeden Sonntag sprechen : Schau nicht auf unsere Sünden, sondern auf den Glauben deiner Kirche.
Erklären, widerspiegeln, bedeutet nachzudenken annehmen, verstehen möchten, aber nicht widerholen, zum Beispiel ein Katechismus, früh erlernt oder vor kurzem veröffentlicht. Der apostolische Befehl verlangt keinen Papagei eines Textes, sicher gut gedacht. Er läd uns zu einer Arbeit der Intelligenz ein. Wann nehmen wir uns dazu Zeit und Mittel ? Wann nehmen wir uns Zeit um uns dazu auszubilden, einen biblischen Text zu lesen, mit einem Niveau vergleichbar mit unserer Allgemeinbildung ? Dies nicht zu tun, wäre es nicht über Gott spotten, über unseren Glauben, über uns und über die Anderen ?

Unsere Kinder oder Enkelkinder, unsere Freude stellen sinnvolle Fragen und wir könnten nicht damit anfangen, sie zu beantworten ? Sie könnten nur verstehen, daß unser Glaube keine wichtige Rolle für uns spiele, da wir nicht bereit sind, Rede und Antwort zu stehen.

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