mercredi 13 juin 2012

Le visage hideux de la haine entre cathos


Je fréquente quelques sites internet catho. J’y vois la haine se déchaîner. Ce soir, j’allais sur le site d’un journaliste de Ouest-France. Son dernier post, assez neutre me semble-t-il, déclenche une violence incroyable. http://religions.blogs.ouest-france.fr/archive/2012/06/13/l-eglise-tu-l-aimes-ou-tu-la-quittes.html?c
J’avais déjà vu cela à l’occasion de la parution de mon texte « Qui désobéit à qui ? ». Il est probable qu’il faille ne pas s’affoler de toute cette violence. Certains malades prennent ici la parole alors que plus personne ne les écoute ou parce que l’anonymat leur permet de donner libre cours à leur folie. Mais toute la violence n’est pas le fait de quelques uns et il me semble qu’une pratique évangélique de la toile s’impose de la part de ceux qui se disent disciples du Christ.
Je sais bien qu’une homélie ou un sermon n’ont jamais converti grand monde. Mais d’une part appeler les cathos à être attentifs au ton sur lequel ils s’expriment ne me paraît pas une mauvaise chose. D’autre part, apprendre ou appeler à exprimer ses désaccords autrement que dans la violence est une tâche Indispensable. Enfin, nous pratiquerions et nous aiderions à pratiquer la charité sur la toile, ce serait une manière de nous aider à être témoins moins infidèles du Seigneur.
Voilà en tout cas le commentaire que j’ai laissé :

Que de haine dans certains des commentaires ! Que l'on soit en désaccord justifie-t-il la haine ? Et tout cela au nom de l'évangile ? Cela fait froid dans le dos.
A dire vrai, on commence par être habitué. Une partie de ceux qui se disent catholiques se déchaîne violemment contre ceux qui ne partagent pas leur avis et qui se disent cependant aussi catholiques.
Nous assistons à la sectarisation de l'Eglise. Et cela n'est pas d'abord le fait de la hiérarchie, ou du moins, pas uniquement le fait de la hiérarchie. Les Christifideles laici s'anathématisent, s'excluent, s'injurient...
Veritatem facientes in caritate (Ep 4,15)
Que les discours voire les actes de certains des évêques travaillent à cette automutilation pour ne pas dire autodestruction de l'Eglise, c'est certain. Mais jamais avec une telle haine. En revanche, s'il est vrai le proverbe, qui sème le vent récolte la tempête, peut-être que les responsables de cette violence se comptent aussi parmi les prélats.
Il me semble que l'avenir de l'Eglise se joue ici. Disons plutôt, que cela est symptomatique de l'avenir de l'Eglise. Ou bien elle devient effectivement une secte, ou bien elle accepte de se convertir à son Seigneur, c'est-à-dire, sans aucun laxisme cela va de soi mais il vaut mieux le préciser, elle se met à la suite de celui qui "a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui." (Jn 3 16-17)

3 commentaires:

  1. Il me semble que le problème vient du fait que nous, à la fois en tant que citoyens et membre de l’Église sommes mis en demeure d’apprendre à vivre la pluralité, la diversité. L’autre n’est pas « même », il est différent, parce qu’il vient d’ailleurs géographiquement ou culturellement. Or, pour certains d’entre nous, cet « autre » menace notre identité, il nous met en état d’incertitude parce qu’il rend possible pour chacun la vertigineuse possibilité d’être autre, et donc de ne pas se connaître totalement. Ces autres nous mettent aussi face à notre liberté : est-ce que je suis libre d’être ce que je suis, est-ce que je pourrais changer.
    Ceci peut être cause de grandes angoisses.
    Pour résoudre ou dissoudre ces angoisses, nous pouvons tenter d’atténuer les différences et les complexités du vivre ensemble en mettant en place des logique d’uniformité par l’exclusion.
    Le christianisme propose de conserver la diversité et de faire l’unité par la communion. Il nous donne même un moyen de la célébrer. En cela le christianisme a de l’avenir. Encore faudra-t-il qu’il se dégage de ses peurs, ce n’est pas ce qu’il se passe aujourd’hui dans le catholicisme. Il n’est que trop clair que beaucoup, clercs ou laïcs promeuvent des critères clivant qui permettent de délimiter : « en être ou pas » plutôt que des espaces de communion dans lesquels nous recevons notre unité de Dieu et non de nos calculs. Si cela continue, en effet, le catholicisme se sectarisera. Je crois que le danger est plus grand que jamais.

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    1. Dominique Bargiarelli21 juin 2012 à 11:09

      Madame Pédotti, le sectarisme des intégristes est une évidence absolue.Pour autant lorsque je consulte les cites de certains mouvements très proches de vos positions je suis amené à constater que les intégristes n'ont pas le monopole du sectarisme, loin de là

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    2. Jacques Marsset25 juin 2012 à 21:46

      Pour ma part, un catholique agressif est avant tout un ignorant. Il prône sa vérité en reniant sa religion d'origine. S'il était un tant soit peu cultivé, il devrait avoir honte de son agressivité.
      Seulement voilà, il fait parti de ceux qui ne lisent que ce qui les arrange, peu soucieux de la vérité et de la tradition.
      Aïe! Je viens d'employé un mot qui fâche: Ma tradition à moi remonte à tout juste bientôt 50 ans. Elle a pour nom "Vatican II". Je reste donc persuadé qu'un catholique agressif n'a jamais lu son contenu. Pas plus que les évangiles dans leur intégralité.
      Je le pleins sincèrement. Son aigreur n'a d'égale que sa tristesse; et je prie pour que son esprit étroit puisse enfin s'ouvrir à un peu d'amour et de charité.

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