samedi 12 mai 2012

Qui désobéit à qui ?

14 commentaires:

  1. Vous publiez une réflexion du P. Royannais "Qui désobéit à qui". Davantage qu'une simple opinion, l'auteur prétend donner une leçon au pape. Est-ce sérieux ? L'auteur ne prétend pas, du reste, donner une leçon de théologie mais seulement une leçon de philosophie, sans doute persuadé que la théologie catholique doit se plier aux injonction de la philosophie dominante.

    A bien lire le texte, l'objection centrale à Benoît XVI est que l'Eglise doit changer son enseignement au nom de l'historicité de la vérité, et renoncer ainsi à dire une vérité immuable. Tout ne serait affaire que d'interprétations en conflit.

    Faut-il rappeler au P. Royannais que le pape, dans son ministère, est justement chargé de confirmer ses frères dans la foi, et que le charisme de l'infaillibilité veut justement dire qu'il peut s'exprimer pour affirmer ce que l'Eglise, au nom du Christ, enseigne infailliblement ?

    Se référer à Nietzsche pour argumenter devant la foi chrétienne relève de la farce. Nietzsche a-t-il donc davantage d'autorité théologique que l'Eglise ? A-t-il même une telle autorité philosophique que tout philosophe, au Ciel et sur la Terre, doive plier devant lui le genou ?

    Non, le P. Royannais n'est pas sérieux, et je m'étonne que vous publiiez des billets pareils. Dans le service de la vérité, mettre le pape, Nietzsche et le P. Royannais au même niveau est tout de même un peu fort !
    P. Jacob
    Agrégé de Philosophie

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    1. J'ai hésité à publier votre commentaire. Vous l'avez déjà fait passer sur la toile au mot près. Vous importe-t-il de rétablir la vérité à chaque endroit où elle vous semble avoir été lésée ?
      Votre agrégation de philosophie garantit-elle en quoi que ce soit votre compétence théologique, voire philosophique ?
      Faudrait-il que le Père Royannais fasse "péter le grade" comme on disait à l'armée, pour que son propos retrouve à vos yeux quelque légitimité ?
      Et qu'importe Nietzsche ou Ratzinger comme noms ? Si une vérité cherche à se dire, elle ne tient pas à un nom ou à un grade, fût-il celui de souverain pontife. Je vous invite à relire le prologue du Sophiste de Platon. Le Pape ainsi que l'Etranger serait-il un Dieu pour que l'on frétille à la simple évocation de sa réputation ou de sa fonction ?
      Je m'accorde sur vous en un point : Soyons serieux !

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    2. C'est à dire que vous l'avez vous-même publié partout. Vous attaquez Benoît XVI avec une suffisance pathétique. Restez à votre place : vous êtes un pasteur, vous êtes là pour conduire les fidèles au Christ, pas pour les détourner de l'enseignement de l'Eglise.
      On assez de la FSPX pour juger le pape, n'en rajoutez pas, surtout avec les "autorités" philosophiques que vous invoquez : Catholique, je préfère Benoît XVI à Nietzsche !

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    3. Si certains ont repris mon article, je n'y puis rien mais il faut croire que tout le monde ne pense pas comme vous.
      Je vous trouve bien insultant et pharisien, je veux dire hypocrite. Etes-vous sûr de ne pas avoir de poutre dans l'oeil qui vous empêcherait d'ôter la paille dans celui des autres ? J'imagine d'une part que Benoît XVI serait bien embêté d'apprendre qu'il a des avocats comme vous. Autant d'intolérance risque de salir sa soutane plus que d'en réparer le prétendu affront que vous dénoncez. Je suis d'autre part scandalisé de ce que vous pensiez qu'un pasteur, comme vous dites, puisse attaquer le Pape. Chaque jour au canon de la messe nous disons au nom de l'assemblée que nous sommes en union avec lui. Plusieurs fois dans la prière, revient notre souci de l'évêque de Rome, notamment dans les intercessions de la Prière des heures.
      C'est l'attachement au ministère du Pape qui nous rend non pas courtisans (vous pouvez relire le Roi Lear par exemple) mais désireux d'un exercice juste de ce ministère.
      Je vous trouve en outre bien inconséquent de laisser croire que l'on pourrait conduire au Christ et détourner de l'enseignement de l'Eglise. Vous donneriez ainsi raison à tous ces gens qui disent "le Christ, oui, l'Eglise, non".
      Voilà qui est bien loin de ce que je pense, crois et prêche.
      Dans le code de 1917, on était excommunié à frapper un prêtre. Et l'on peut aujourd'hui frapper autrement que physiquement. Je ne crois pas que cette disposition du code ait été abolie quand bien même elle n'est pas formellement reprise en 1983. En tout cas, toute personne qui a de la haine contre son frère est passible de la géhenne, il me semble. Pensez-y avant d'insulter ceux qui ont le malheur de ne pas penser comme vous.

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  2. Oh... mais revoilà Mônsieur Jacob, el Professor... Ce petit garde suisse (attention à l'ordre des mots), nous fait étalage de son diplôoome pour professer, en petit docteur (enfin lui non mais d'autres ^^) de la loi. Comme la confiture, les diplomes durement acquis, s'étalent en fine couche sur les grandes tartines. Non Mooosieur Jacob, votre propos n'a que le poids léger de votre lourde suffisance,participer à éclairer une vérité ne demande ni diplome, ni ausweiss de la Komandantur de Villepreux où d'ailleurs... Continuer à ébahir vos jeunes étudiants d'une officine hors contrat, ne venez pas faire claquer vos pitoyable grades pour tenter vainement de muscler un pauvre discour pathétique. L'infaillibilité papale, derrère laquelle vous vous réfugiez systématiquement dans vos commentaires (ici et ailleurs) est réglé depuis un certains temps déjà. je vous invite à consulter sur ce blog les propos d'un obscur petit théologien de 35 ans en 1962... je sais, ce n'est qu'un commentaire de Vatican II...
    Marc Chabant

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  3. Jacques Leduc 20 mai20 mai 2012 à 23:44

    Qui désobéit à qui ? J. Ratzinger à Benoit XVI ?

    Je ne suis ni philosophe ni théologien, patenté, agréé ou agrégé. Mais, comme tout un chacun peut l’être, visité par des idées qui manifestement touchent à ces disciplines. C’est sans doute prétentieux, mais il m’arrive de les sentir s’agiter dans ma tête comme remuées par une brise légère, familière, et de me surprendre avec réprobation à penser que l’esprit souffle où il veut. Mais, pourquoi pas, incognito, entre mes neurones ?

    L’article du Père Royannais dans la Croix des 12 et 13 mai p. 18 répondant à la question « Qui désobéit à qui ? » me conforte dans l’idée que rien de ce que le Magistère a déclaré, et déclare, et déclarera encore, solennellement définitif et irrévocable, fut-il d’une voix douce et humble ou de celle d’un bienheureux, ne le demeurera toujours.

    Le célibat obligatoire pour les prêtres, par exemple. N’y a-t-il pas eu de pères prêtres – ou prêtres pères, comme on veut - aux temps des premiers chrétiens ? Même après St-Paul ? Il s’est donc bien agi d’une évolution, aux motivations d’ailleurs plutôt temporelles. Nos papes ne sont-ils pas les successeurs du premier d’entre eux ? Qui ne semble pas avoir laissé femme - et enfants, probablement - pour accomplir sa mission ; malgré une recommandation allégorique sans doute exprimée par le maître et rapportée ultérieurement dans les Ecritures. Pourquoi l’Eglise devrait-elle proscrire à jamais toute évolution sur certaines questions ? Et porter au kérygme des réponses somme toute secondaires.

    Ou l’ordination des femmes, puisqu’il en est aussi ici question. Soutenir que le Seigneur, sur ce point, n’a donné aucune autorisation à l’Eglise est une affirmation négative vraie, certes, mais ne repose pas sur une réponse du Seigneur puisque la question, à l’évidence, ne lui a pas été posée en son temps. Dans la mentalité de sa communauté humaine à son époque, vu ce qu’il a fait déjà pour l’espèce féminine, aborder cette question n’aurait pu qu’aggraver son cas et hâter son exécution. Des femmes parmi les hommes au Temple ? Des marchands, oui, mais des femmes ? Parmi les prêtres en plus ? Pourquoi pas au Sanhédrin ?
    Dans nos communautés humaines d’aujourd’hui, chrétiennes notamment, s’appuyant sur le postulat issu entre autres du christianisme et selon lequel les femmes sont des hommes comme les autres, cette question de l’ordination des femmes est posée. Et des réponses sont données. Contradictoires encore.
    Mais, le serait-elle aujourd’hui implicitement, demain explicitement, au sein même du Magister catholique avec pour y répondre sa Tradition seule comme conscience, que la réponse ne pourrait être que celle du questionneur s’appuyant justement sur sa Tradition, et sans doute aussi sur ses désirs et ses idées, comme le reproche Benoit XVI à quelques 300 prêtres autrichiens.

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  4. Jacques Leduc 20 mai20 mai 2012 à 23:48

    suite de : Qui désobéit à qui ? J. Ratzinger à Benoit XVI ?

    Soyons un peu dérangeant, à la Socrate : L’Eglise a-t-elle reçu du Seigneur l’interdiction d’ordonner prêtres des femmes ? Répondre à cette question est plus que délicat. L’interdiction suppose une « diction », un acte posé donc, alors que la non autorisation peut se satisfaire de leur absence. Comment alors démontrer le bienfondé de cette interdiction autrement que par la réponse fallacieuse de l’absence d’autorisation reçue ? Abus de langage ? D’interprétation ?
    Asseoir une interdiction sur une absence d’autorisation ne peut être autorisé et doit être interdite. Car le bon sens ou la conscience ou l’honnêteté intellectuelle nous disent pour le moins que c’est abusif.
    Et nos prêtres ne baptisent-ils pas la femme comme l’homme : prêtre, prophète et roi ? Qualités de simples baptisés – consommateurs des produits de l’Eglise ou peuple de Dieu ? Qualités qui ne sont certes pas des civilités mondaines ni fonctionnelles dans l’institution de l’Eglise, mais qui, quand même, autoriseraient à un égal traitement. Le christianisme a bien pu au cours des siècles, avec quelques dérapages, certes, imposer à l’homme que la femme a aussi une âme humaine, et que les enfants qu’elle mettait au monde avaient tous droit à la vie. Et l’Eglise à admettre, à reculons, il est vrai, que la terre tourne autour du soleil, et réhabiliter, à voix basse, Teilhard de Chardin. Pourquoi s’arrêter en si vertueux cheminement ?

    La vraie question posée dans cet article est, il me semble, celle de l’autorité du Pape quant à la vérité, celle que Jésus a affirmé être, comme celle d’un chef parlant es qualité. Celle affirmée dans la première citation de l’article, celle du Pape Benoit XVI donc, et celle de la dernière citation, celle de J. Ratzinger, ancien gardien de la foi, alors plus proche, selon mon sentiment, de la Vérite-Jésus, et mettant en cause l’autorité papale, et à mal l’irrévocabilité du dogme de l’infaillibilité. Joseph Ratzinger ne pouvait savoir alors qu’il allait devenir le Pape Benoit XVI. Et, si l’on peut dire, il lui désobéissait par avance…
    Ce dogme catholique de l’irrévocabilité, tel qu’il est annoncé et pratiqué, pourra-t-il tenir toujours si il faut d’abord obéir à la conscience plutôt qu’au Pape, au besoin même à l’encontre des demandes de l’autorité de l’Eglise ?

    Soyons un peu provoquant à présent : N’y aurait-il pas lieu de faire de cette phrase un dogme irrévocable ? N’émane-t-elle pas d’une autorité de l’Eglise ? Le constat que la conscience humaine évolue avec l’évolution de son questionnement, de ses connaissances, de ses intuitions, et la foi que l’Esprit Saint, comme il nous a été promis, accompagne l’Eglise – si ce n’est l’humanité - pour l’éclairer jusqu’à la fin des temps ne nous y autoriseraient-ils pas aussi ?

    Mais ce qui me parle le plus dans cette page de la Croix, c’est le dessin de J-L Decottignie. Il vaut mille mots ! Il est ce dogme ! Graver dans le granit, sombre mais inaltérable, un point d’interrogation sur les Ecritures !
    L’Esprit Saint souffle sur cette Pierre. Vive la Pentecôte !

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  5. reçu via le Journal La Croix

    Bonjour,
    Ne trouvant pas ce sujet dans les pages du site internet, je voudrais remercier le père Patrick Royannais pour sa belle chronique en forme de méditation sur la "désobéissance", parue dans la Croix du 13 mai.
    La publication de la "réponse" de Benoît XVI à l'appel des prêtres autrichiens pour des réformes dans l'Église m'avait déjà donné envie de réagir, une fois de plus, devant la rigidité dont faisait preuve le pape sur des questions qui ne relèvent pas, à mon humble avis, du dogme, comme la communion pour les divorcés remariés, la place des laïcs dans la liturgie, la place des femmes dans l'Église, le célibat des prêtres.
    Les réponses de l'Église à ces questions ont évolué durant les deux millénaires de son histoire, et je ne comprends pas pourquoi il faudrait admettre que ce qui est actuellement la position officielle, tout au moins pour le Vatican, ne pourrait être ni discuté ni modifié et devrait être fixé "ad eternam".
    Le père Royannais a très bien exposé, avec des arguments théologiques que j'aurais été bien incapable de manier, les questions que tout chrétien peut, et peut-être doit, se poser pour bien différencier ce qui relève de la foi que nous devons partager et ce qui n'est que "contingence" et "conflit des interprétations". Et sa chronique est d'autant plus intéressante qu'il ne paraît pas se soucier, d'ailleurs, des éventuelles menaces de sanction que pourrait lui valoir sa courageuse réflexion.
    Quand la hiérarchie de l'Église comprendra-t-elle qu'elle n'est pas toute l'Église, que celle-ci est constituée par l'ensemble des chrétiens, et que ceux-ci ne sont plus disposés à courber la tête pour accepter sans broncher les décisions du Vatican ? La proximité de la Pentecôte nous rappelle que l'Esprit nous a été donné à tous, qu'Il habite chacun d'entre nous… et que Sa lumière n'est pas réservée au pape ! Je pense donc ne pas être irrespectueux en suggérant que les chrétiens "de base" peuvent eux aussi avoir leur mot à dire sur des sujets qui engagent l'avenir de notre Église.
    Et merci à la Croix d'avoir publié cette intéressante réflexion.
    Bien cordialement,
    A. R., Quimper

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  6. Reçu via le journal La Croix


    Merci à Patrick Royannais pour son article intitulé "Qui désobéit à qui ?".
    C'est un souffle revitalisant pour les catholiques qui ont été saisis par l'Evangile et par le message de vie du Christ mais qui ne se retrouvent pas dans certaines prises de positions de l'Eglise.
    J'ai découvert le blog de Patrick Royannais après la lecture de cet article. Avec plaisir et grand intérêt, je vais dorénavant le consulter.
    Madeleine J.

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  7. Reçu via le Journal La Croix

    Bonjour.
    Je vous saurai gré de transmettre à Patrick Royannais le message suivant:
    Bravo pour votre article courageux du 13.05.12.
    Vous qui êtes théologien, pourriez-vous examiner l'idée suivante:
    Si elle vous parait valable, il faudrait la mettre sous le nez des intégristes, et vite.
    Curieusement, cette idée toute simple, semble faire peur.
    "Quand je contemple le Crucifix, je vois le liberté religieuse de l'Homme."
    Explication: Quel est ce Père tout puissant d'amour qui a pu laisser l'Homme massacrer son fils, sans réagir?
    Parce qu'Il a tant aimé l'Homme qu'Il a voulu, aussi, qu'il ait la liberté religieuse
    "Quand le contemple le Crucifix, je vois la liberté religieuse de l'Homme"
    CQFD
    Respectueusement votre.

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  8. Bravo, P. Royannais, vous traînez derrière vous le cortège le plus pathétique des imbéciles de tous poils !

    "C'est un souffle revitalisant pour les catholiques qui ont été saisis par l'Evangile et par le message de vie du Christ mais qui ne se retrouvent pas dans certaines prises de positions de l'Eglise."

    Vous avez donc réussi à opposer l'Evangile et l'Eglise (avec un "E"), ce qui était bien le but, j'imagine. Et après venez jouer les vierges effarouchées : "mais je prie pour le pape à la Messe". Vous prêchez bien le Christ contre l'Eglise, en effet !

    La Messe ? Non, allez, ne me dites pas que vous croyez à tous ces dogmes comme la transsubstantiation à l'ère de la raison herméneutique ? Mais dites, vous avez bien pensé à changer les paroles ? Vous dites "Ceci est mon corps", ou bien vous avez une formule plus herméneutique ?

    Pauvre Eglise ! Voilà 50 ans que des gens comme vous vident les Eglises et trafiquent la foi en instilant le doute envers celui qui exerce ce service de confirmer ses frères dans la foi. Pauvre prêtre, qui aura à en rendre compte. Et pas seulement devant son évêque.

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    1. "Tout ce qui est excessif est insignifiant."
      Votre propos constitue la meilleure réponse qu'on peut lui faire !
      On ne peut pas deviner à vous lire
      que vous êtes agrégé de philosophie. Quant à soupçonner en vous un disciple de Jésus, vous ne nous nous en laissez guère la possibilité. En quoi votre propos témoigne-t-il d'une quelconque fidélité évangélique ?
      J'ai bien pensé à vous à la messe ce matin. "Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix"

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  9. « Le silence est précieux pour favoriser le nécessaire discernement parmi tant de sollicitations et tant de réponses que nous recevons, précisément pour reconnaître et focaliser les questions vraiment importantes ».
    Benoît XVI pour e dimanche des communications (20 05 2012)

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  10. Arlin Joël _ diacre27 juillet 2012 à 18:26

    Très bien ton article Patrick,tout à fait pertinent.Il faut absolument que l'Eglise catholique avance en modifiant ses structures(ordination presbytérale d'hommes mariés,ordination diaconale de femmes,communion aux divorcés remariés);sinon,nous allons à la catastrophe.La politique de l'autruche conduit beaucoup de monde à s'éloigner de l'église catholique.J'appelle de mes voeux Vatican 3

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