vendredi 15 mai 2015

La vérité de l'évangile, c'est la miséricorde



La vérité de l’évangile, c’est la miséricorde. En conséquence, la vérité de la foi, la vérité du dogme, c’est la miséricorde. Comment opposer dogme et miséricorde, vérité et miséricorde ? La miséricorde serait-elle bonne pour la pastorale mais sans portée pour la foi ?
Déjà lors de Vatican II, pour négocier des virages dogmatiques qui leurs paraissaient dangereux, certains, et non des moindres, avançaient que le concile avait été pastoral, que sa portée dogmatique était nulle, qu’il n’avait pas touché à l’expression dogmatique de la foi.
Cet argument que l’on nous sert encore relève du sophisme. Sa fausseté a été démontrée. Plusieurs fois, dans l’évangile, le juridisme qui prétend être docteur en matière de dogme, tend un piège à Jésus. Jusqu’où ira sa miséricorde ? Jusqu’à s’opposer à la loi ? On pourra penser à la femme adultère bien à propos. Jésus s’en sort, toujours plus rusé. Ne restera à ses opposants qu’une solution, le supprimer. Dostoïevski dans sa légende du Grand Inquisiteur a raconté comment l’Eglise tuerait de nouveau Jésus s’il devait revenir.
L’objection est déjà fourbie. Si Jésus certes ne condamne pas la femme, il ajoute un impératif : « désormais, ne pèche plus ». Qu’il faille condamner le mal et la faute ne met cependant aucune limite à la miséricorde. La femme pécherait de nouveau que Jésus lui pardonnerait encore, jusqu’à soixante dix fois sept fois.
C’est ce que nous célébrons chaque dimanche, voire chaque jour. Le pardon des péchés toujours recommencé, parce que notre péché ne nous a pas quittés, ne supprime pas la condamnation de ce péché. Notre espérance est notre foi, que le Seigneur, une fois encore, nous rétablit en sa grâce.
« L’image de l’hôpital de campagne est très belle. Cependant nous ne pouvons pas manipuler les propos du pape en réduisant toute la réalité de l’Eglise à cette image. L’Eglise en elle-même n’est pas un sanatorium : l’Eglise est aussi la maison du Père. » (Cardinal Müller, juillet 2014) Non ! La maison du Père est un sanatorium ; en connaissez-vous un seul qui l’habite qui ne soit pas pécheur ? S’il en allait autrement, nous trahirions la profession de foi en ce Fils descendu du ciel « pour nous les hommes et pour notre salut ».
Nous sommes les missionnaires et les destinataires de l’amour infini du père, qui « par son Fils réconcilie le monde avec lui et envoie l’Esprit saint qui est la rémission des péchés ». Le cœur de l’évangile, c’est la miséricorde.
(On pourra lire les propos de François contre l’hypocrisie le 19 juin 2013 ou le 22 décembre 2014 et surtout son homélie lors du dernier consistoire.)

7 commentaires:

  1. dominique bargiarelli15 mai 2015 à 16:27

    Certes,nous sommes tous pécheurs,absolument tous,et avons tous besoin de la miséricorde.Personne ne le contestera,mais il me semble tout de même que nous avons à cultiver nos talents d'une part et à nous convertir.
    La miséricorde divine,oui nous en aurons toujours besoin mais ne compter que sur elle me parait beaucoup trop simpliste.En tout cas ce n'est pas la lecture que je fais des Béatitudes et je ne pense pas que Mgr Burke considère qu'il fasse bien entendu partie des "élus"

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  2. Je suis en total accord avec Patrice Royannais. "La vérité de l’Évangile c'est la miséricorde", cela ne fait pas pour moi l'ombre d'un doute. L'Evangile nous appelle à y croire... et rien n'est plus difficile que de se croire aimé sans limites... C'est simple mais pas du tout simpliste. J'ai beaucoup d'amis musulmans mais je ne suis pas musulmane. Pour eux Dieu juge selon le mérite de chacun et le mérite se mesure à l'obéissance à des lois (la prière, le ramadan, etc...). Pour moi qui suis chrétienne "celui qui croit échappe au jugement". Or l'institution ecclésiastique me semble avoir un fort penchant à donner le dernier mot à l'obéissance à ses lois. Jusqu'à faire de la communion eucharistique un instrument d'exclusion pour les croyants "hors la loi". Se convertir c'est selon moi, non pas vivre sans lois ce qui serait impossible, mais sans cesse passer de l'obéissance à des lois à l'obéissance de la foi en la miséricorde de Dieu. La miséricorde, en hébreu, étant l'amour qu'une mère a pour son enfant lorsqu'il est encore dans son sein. Je compte sur Dieu pour me donner la foi en sa miséricorde qui me permettra de devenir progressivement miséricordieuse à mon tour. Je ne suis pas sûre que (certains?) membres de la hiérarchie ne privilégient pas l'obéissance à des loi sur l'obéissance de la foi... Il faut dire qu'être du coté de ceux qui ont à faire respecter la loi donne quand même un certain pouvoir sur les autres...

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    1. dominique bargiarelli16 mai 2015 à 09:25

      Mais bien sûr que la vérité de l'Evangile c'est la miséricorde,personne ne peut le contester.Cependant au nom de ce principe on a fait du Père Eternel un brave type avec lequel on pourra toujours s’accommoder puisqu'il n'est que miséricorde.
      'Celui qui croit échappe au jugement" OK,reste à déterminer qu'est-ce que croire.
      Quant aux membres de l'Eglise-institution qu'il est de bon ton de presque toujours juger dans un sens négatif,je pense que ce sont avant tout des hommes comme nous,avec leurs qualités et leurs défauts bien sûr et que je n'aimerais pas être à leur place...
      "C'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres que le monde vous reconnaîtra comme mes disciples"

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    2. "Qu'est-ce que croire?" La foi, à mon avis ne répond pas à une définition comme s'il s'agissait d'une chose que l'on possède ou non. La foi opère le lien, ou le va-et-vient entre Dieu et nous. Elle permet le passage de Dieu dans l'humanité ou de l'humanité en Dieu. Autrement dit elle nous permet de recevoir et de donner la vie de Dieu, gratuitement, par grâce, gracieusement.

      Dieu, en christianisme, est Justice et Miséricorde. Mais son dernier mot est à la Miséricorde : "Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font", c'est la dernière parole de Jésus. En dernier ressort (et donc en premier) nous sommes appelés à devenir "miséricorde" comme lui.

      Celui qui croit à la Miséricorde de Dieu révélée à l'heure de la Passion de Jésus échappe au jugement mais pas au discernement. Sous prétexte d'amour des chrétiens (surtout de nos jours) refusent de discerner quel esprit les pousse et pousse les autres à agir. C'est ainsi que l'esprit critique a, me semble-t-il, une fâcheuse tendance à disparaître de la vie de nombre de pratiquants. Pour moi cet absence d'esprit critique sur soi-même et sur les autres est de la lâcheté à moins que ce ne soit de la bêtise. Le Pape lui-même critique la recherche de pouvoir de certains membres de la hiérarchie. Peut-être son exemple pourrait-il rendre un peu lucide un certain nombre de catholiques. Je crois vraiment que cela rendrait un réel service à l’Église de Jésus-Christ.

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  3. dominique bargiarelli16 mai 2015 à 15:35

    Pour ma part ,j'essaie...mais je n'y arrive pas toujours bien sûr,lorsque je n'arrive pas à déterminer les raisons pour lesquelles quelqu'un à agi de telle ou telle manière à retenir plutôt celle qui lui est la plus favorable.
    J'ai quelques fois du mal à déterminer pourquoi j'ai eu telle ou telle réaction,alors ce qu'il en est des autres...

    Quant à l'attitude publique du Pape à l'égard des membres de la Curie je ne peux pas dire que les applaudissements qui ont suivit m'aient spécialement réjoui.Certes les membres de la Curie ne sont pas tous des saints,loin de là,et que certains avaient bien besoin de se faire "remonter les bretelles"cela ne fait aucun doute assurément,aucun,mais à Sodome combien y avait -il de justes?
    Surtout ce qui me désole dans cette histoire c'est que la liste des maladies établie par le Pape ne concernait pas uniquement les membres de la Curie,mais chacun d'entre nous.Or qu'a-t-on retenu de tout cela?
    Que le Pape avait, enfin, engueulé les membres de la Curie et que ce n'était pas trop tôt,et c'est tout.

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    1. D'abord pardon à Patrick que j'ai appelé Patrice par mégarde et pardon pour les fautes d'orthographe: j'arrive mal à me relire avant que ce soit mis en ligne et après c'est trop tard!

      A Dominique Bargierelli : Non, non le pape ne s'adressait pas à tous mais bien aux membres de la Curie c'est à dire à ceux (entre autres) qui s'attachent à faire respecter les lois de l'Eglise. Vous pouvez prendre les critiques du pape pour vous mais ce n'est pas de vous dont il parlait sauf si vous êtes Cardinal de Curie!

      C'est curieux cette tendance de nombre de catholiques à justifier tout et n'importe quoi sous prétexte que tout le monde est pécheur. Le pape, ce jour-là, a été très courageux : il a accepté de ne pas se faire l'ami de ces cardinaux qu'il rencontre tous les jours. Il faut du courage pour dénoncer un comportement faux, hypocrite ou injuste car on risque toujours de se faire des ennemis.

      Quand on tente de discerner l'esprit qui nous pousse à agir ou celui qui pousse les autres, il est vrai qu'on court souvent le risque de se tromper. Il convient de demeurer vigilant et de ne pas prétendre avoir la vérité. Mais il convient aussi, me semble-t-il, de courir le risque de sa propre parole face à des comportements qui nous semblent franchement mauvais. Je trouve par exemple que Jean-Paul II aurait mieux servi l'Eglise en dénonçant les dictateurs (catholiques!) d'Amérique latine plutôt qu'en donnant la communion en public à Pinochet.

      La miséricorde est bien pour moi la vérité de l'Evangile. Elle permet que se fasse en nous la vérité sur nous et sur les autres. La miséricorde va avec l'esprit de discernement. La peur du jugement va à l'encontre de cet esprit: on se cache à soi-même ce qui ne va pas et on ne veut pas connaître ce qui ne va pas chez les autres de peur d'être condamné. Du coup on laisse le mal (le malheur) s'installer sans le combattre. On refuse le combat... à mon avis c'est bien bête à moins que ce ne soit bien lâche... mais dans tous les cas c'est bien mauvais...

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  4. J'interromps l'échange qui n'en est pas un, en ne publiant pas la nouvelle intervention du troll.
    Cela faisait longtemps (trois mois tout au plus) qu'il ne m'avait pas importuné. C'est toujours la même rengaine qu'il sort, ici comme sur d'autres blogs ou sites. Si vous voulez le suivre, vous le retrouverez facilement ailleurs.
    Bien sûr, il intervient en toute humilité, prêt à se convertir, etc. etc. Bien sûr, il ne juge pas, accuse seulement les autres de juger, etc. etc.
    Désolé, ma magnanimité et ma miséricorde ne sont pas aussi inépuisables que celles du Père. Reste à espérer pour ce troll que Dieu n'est pas comme il le prétend, et que même ceux qui s'obstinent dans leur péché, il a la puissance de les sauver. Mais il s'agit sans doute moins de péché que de maladie... A moins que le péché ne consiste à ne pas vouloir se soigner.
    Y'a des psy, bordel, eux au moins, ils touchent du fric pour entendre la folie !

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