mercredi 2 septembre 2015

Mgr Rey, le Front National et l'Eglise de France


Le diocèse de Fréjus Toulon a invité à son université d’été Mme Maréchal Le Pen. La Conférence des Evêques de France est mise devant le fait accompli. Un communiqué à l’AFP et une interview du secrétaire général par La Croix sont une bien faible réaction. Cela confirme au moins que l’invitation varoise concerne et implique l’Eglise de France. Comment en irait-il d’ailleurs autrement ?
« La position de l’Eglise en France sur le Front national n’a pas varié » affirme le secrétaire général de la CEF. Est-ce si sûr ? La droitisation, voire la dérive extrémiste de la France, touche aussi les catholiques. Ce n’est pas un scoop. L’idéologie Action Française n’est pas morte. Le nationalisme xénophobe, la haine du pluralisme et la non acceptation foncière de la séparation du religieux et du politique servent de refuge à des catholiques, des jeunes notamment et des évêques. Très modernes, sans culture historique, ils espèrent en l’autorité ecclésiale (papolâtrie) ; réduisent l’aventure spirituelle à la piété (neuvaines, adorations, etc.) ; se démènent (sans le savoir) pour les anciens Protectorats sous prétexte de défense (évidemment urgente) des chrétiens d’Orient et donnent libre cours à l’islamophobie ; font de la famille un étendard contre la parole évangélique elle-même (Lc 8, 19-21). L’Eglise est pour eux au service d’un projet de société et d’une civilisation. Elle leur offre une identité dans un monde qui les agresse et qui de fait est violent. Tout cela fera de l’Eglise une secte.
Le diocèse de Fréjus Toulon fut de ceux qui avaient fait annuler il y a dix huit mois l’invitation de F. Brugère par un cercle restreint et averti de responsables ecclésiaux, sous prétexte que ses positions étaient en contradiction avec l’enseignement de l’Eglise, ce qui n’est nullement prouvé mais qui a fonctionné comme un épouvantail. Faudrait-il répondre avec les mêmes armes déloyales et malhonnêtes ? Sans doute non. Pour l’heure l’Eglise de France est prise en otage par des extrémistes. On ne peut louer le courage de ceux qui ont empêché le terroriste du Thalis de tuer et laisser les extrémistes varois assassiner l’Eglise.
L’archevêque de Fort de France parmi d’autres justifie l’invitation à l’origine de laquelle il pourrait bien être. « Seule l’Église peut dialoguer avec tous sans perdre son âme ». Sans doute trop jeune et trop préoccupé par sa carrière, Mgr Macaire n’a pas le temps de réfléchir. Quelques évêques ont perdu leur âme à dialoguer avec Vichy ; le magistère romain quant à lui avertissait sévèrement contre le dialogue avec le communisme.
Il faut bien discuter avec tout le monde, dira-t-on ; il s’agit du troisième parti de France ! Certes. Mais discuter ne signifie pas donner la parole publiquement à des personnes qui bafouent l’évangile par une partie de leurs discours et de leur action politique. La rencontre avec les électeurs du FN, comme toute rencontre, se fait dans la confiance du dialogue, loin des projecteurs médiatiques. En pleine préparation du synode sur la famille, se vérifie que l’Eglise est plus chatouilleuse en matière sexuelle que de justice sociale.
Si le diocèse de Fréjus Toulon était un adepte du débat, pourquoi a-t-il donc œuvré contre l’invitation de Mme Brugère ? Son positionnement est partisan. Depuis des années Mgr Rey organise avec d’autre la droitisation de l’Eglise ; à la différence de la quasi-totalité de ses confrères, il n’a pas peur d’aller se promener dans nombre de diocèses pour faire sa propagande, (ce qui était reproché à Mgr Gaillot et avait conduit à son éviction). Il utilise les moyens les plus sournois pour semer la zizanie dans l’épiscopat et l’Eglise.
Un évêque est par définition, dans son diocèse et avec les autres évêques, chargé de la communion. Un évêque qui détruit la communion est-il encore un évêque ? Dans les faits, non, puisqu’il fait le contraire de ce que son ministère signifie. Un évêque qui rejette la foi (en l’espèce la doctrine sociale de l’Eglise) en organisant une tribune pour qui la contredit est-il encore évêque ? La tradition a toujours répondu par la négative. Qu’on en tire les conséquences. Qu’au moins Mgr Rey présente ses excuses à l’Eglise de France, à ses confrères évêques, à ses diocésains.
Le démon s’acharne aujourd’hui encore contre l’Eglise. Il est toujours plus à craindre quand il est dans la maison que lorsqu’il s’agite depuis l’extérieur. Mais cela, la xénophobie et la fermeture à l’autre différent interdisent de l’entendre… 

29 août 2015
Publié dans la Lettre hebdomadaire de Témoignage Chrétien du 03 09 15

1 commentaire:

  1. Mea culpa, mea maxima culpa ! Vieux chrétien de gauche, qui en avait assez de ramer et d'être stigmatisé comme destructeur de la France catholique éternelle, fille aînée etc., j'ai déserté depuis l'arrivée de Wojtyla en 1978 et je ne suis pas le seul. Ce mariolâtre, Opus Dei, obsédé du sexe mais suppôt de Maciel - pourtant adulé des foules attendries et des journalistes incultes - a fait sombrer nombre de jeunes dans la piété et la papolâtrie, camouflant le Christ, trop juif et perturbateur. D'où la génération des soi-disant jeunes cathos et leurs évêques intégristes de droite plus que buissonnière, issus de communautés neuves aux pathétiques mamours. Par qui furent-ils nommés ces épiscopes qui de fait détestent tout autant les juifs, les mahométans, les cocos et les homos ? Au risque de radoter, je continue de crier dans le désert ou la banquise : Albert, Homme Juste, chrétien, devenu prêtre, évêque de Dijon, archevêque de Lyon, Primat des Gaules, qui sut avec Lustiger faire comprendre à JP II qu'il y avait des choses qui ne se faisaient pas ... Albert, reviens !

    RépondreSupprimer