lundi 7 décembre 2015

Discours de clôture du concile Vatican II

Paul VI, 7 décembre 1965.
Après tout, pour ouvrir l'année de la Miséricorde, ce n'est pas mal...


La religion du Dieu qui s'est fait homme s'est rencontrée avec la religion (car c'en est une) de l'homme qui se fait Dieu.

Qu'est-il arrivé ? Un choc, une lutte, un anathème ?
Cela pouvait arriver ; mais cela n'a pas eu lieu.
La vieille histoire du bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile.
Une sympathie sans bornes pour les hommes l'a envahi tout entier.
La découverte et l'étude des besoins humains (et ils sont d'autant plus grands que le fils de la terre se fait plus grand), a absorbé
l'attention de notre Synode.

Reconnaissez-lui au moins ce mérite, vous, humanistes modernes, qui renoncez à la transcendance des choses suprêmes, et sachez reconnaître notre nouvel humanisme : nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l'homme.

Et dans l'humanité, qu'a donc considéré cet auguste sénat, qui s'est mis à l'étudier sous la lumière de la divinité ?
Il a considéré une fois encore l'éternel double visage de l'homme : sa misère et sa grandeur,
son mal profond, indéniable, de soi inguérissable,
et ce qu'il garde de bien, toujours marqué de beauté cachée et de souveraineté invincible.

Mais il faut reconnaître que ce Concile, dans le jugement qu'il a porté sur l'homme,
s'est arrêté bien plus à cet aspect heureux de l'homme qu'à son aspect malheureux.
Son attitude a été nettement et volontairement optimiste.
Un courant d'affection et d'admiration a débordé du Concile sur le monde humain moderne.
Des erreurs ont été dénoncées.
Oui, parce que c'est l'exigence de la charité comme de la vérité
mais, à l'adresse des personnes, il n'y eut que rappel, respect et amour.
Au lieu de diagnostics déprimants, des remèdes encourageants ;
au lieu de présages funestes, des messages de confiance sont partis du Concile vers le monde contemporain :
ses valeurs ont été non seulement respectées, mais honorées ;
ses efforts soutenus, ses aspirations purifiées et bénies.

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