19/11/2019

Les émissions sur les victimes de l'Eglise

Les dérives sectaires et les abus de pouvoir, l’emprise spirituel et les crimes et agressions sexuels doivent être dénoncés implacablement. Non seulement les victimes y ont droit, mais l’Eglise ne pourra survivre qu’à cette condition, nécessaire à défaut d’être suffisante.

Est-il possible, sur le fond de cette prémisse, d’interroger les victimes, lorsqu’elles sont majeures et non-vulnérables (uniquement dans ce cas) ?

1. Dans nombre de reportages est annoncé que la personne dont il s’agit est « très croyante ». Qu’est-ce que veut dire cette expression passe-partout ? Qui juge du « très croyant » ? La personne elle-même ? C’est curieux et ressemble à la parabole du pharisien et du publicain. Ses proches ? La presse qui éventuellement n’y connait pas grand-chose ? Selon quels critères ? Cette expression, qui plus est dans la bouche de catholiques, fait problème. Je m’étonne que personne ne s’y arrête et qu’on la gobe comme évidente.

2. J’étais engagé chez les Scouts de France dans les années Preynat, chef puis animateur départemental comme on disait, précisément sur le territoire où se trouve la paroisse St Luc. Nous entendions régulièrement les bons catholiques, et bourgeois, nous mettre en accusation, car nous n’étions pas comme les scouts de Preynat, si bien, eux. Ce ne sont pas que les ecclésiastiques qui ont couvert Preynat. Ce sont les bourgeois de Sainte Foy lès Lyon et alentour (dont des parents qui pour certains refusaient de voir pour des raisons idéologiques, et ont organisé la défense de Preynat. A ce sujet j’ai quelques anecdotes sous le coude, et le livre d’I. de Gaulmyn est bien trop cul et chemise avec tout ce petit monde pour être juste, alors même qu’il a déjà beaucoup apporté !). Qui en parle ? Ils n’étaient pas bernés par Preynat. Ils étaient tellement accrochés à leur idéologie que tout ce qui s’en écartait était mensonge ou danger. Ce n’est pas une affaire de manipulation, cela. C’est un milieu qui doit être mis en accusation. Mitterrand venait de prendre le pouvoir et 68 devenait la bête-noire de tout ce petit milieu. Celui qui aujourd’hui encore, prétend savoir mieux que tout le monde ce qui est bon pour l’Eglise.

3. Dans les mêmes années, j’étais séminariste. La communauté nouvelle à l’époque et dans le coin qui se présentait et était présentée par les mêmes bourgeois comme le salut de la pastorale et de l’Eglise, c’était les Petits Gris. Leurs enfants n’entraient plus chez les jésuites, mais à Saint Jean. (Je peux fournir des exemples.) Quelques années plus tard, les séminaristes passés par Paray-le-Monial, qui n’avaient donc pas suivi mes cours, me reprochaient de ne pas enseigner MD Philippe au séminaire. Je me suis fait des ennemis et mon mandat n’a pas été renouvelé par l’évêque de Lyon. Un certain Cardinal Barbarin. Toujours une affaire de bons bourgeois.

4. Qui en France, en dehors des bourgeois, allait et va chez les Légionnaires, à l’Emmanuel, dans nombre de communautés nouvelles ? Je suis surpris que l’on instruise le procès de l’Eglise et non celui d’une classe sociale. Ce n’est pas exclusif d’ailleurs. Mais Marx a été trop vite enterré en 1989. Ce qui se passe dans l’Eglise, ce n’est pas seulement la crise d’un clergé criminel et/ou complice par non-dénonciation, (je le redis, à poursuivre implacablement, j'ai aussi perdu pas mal de plume dans mes dénonciations dudit Barbarin !) c’est la folie de la mainmise de la droite conservatrice sur l’Eglise. Je suis étonné de n’en voir nulle part la dénonciation.

Regardez d’où sortent les prêtres et les évêques aujourd’hui ; et l’on comprendra l’impossibilité des réformes.

3 commentaires:

  1. Bravo pour cette analyse. Tout me semble juste.

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  2. Hubert Moreau21/11/19 07:18

    Oui, Patrick, oui ! Continue, je t'en prie ...

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  3. Merci, Patrick. Très juste. Les analyses de Yann Raison du Cleuziou (son dernier livre : Une conte-révolution catholique) permettent d'étayer ce que tu dis. Il faut le crier haut et fort.

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