jeudi 14 mars 2013

Pourquoi Benoît XVI a-t-il renoncé ?

A mes risques et périls, un rien alerté par une erreur de com de la conférence épiscopale italienne.


La non élection du Cardinal Scola pourrait expliquer a posteriori la renonciation de Benoît XVI. On apprend que la conférence épiscopale italienne était si certaine de l’élection de l’archevêque de Milan, qu’elle a annoncé son élection lors de la fumée blanche.
Plusieurs Cardinaux, dont le Cardinal Scola, avaient demandé à Benoît XVI la démission de son secrétaire d’Etat, lequel avait déjà dépassé la limite d’âge. Cela valait au Cardinal Scola une solide inimitié chez ses compatriotes curiaux.
Or Benoît XVI m’apparaît comme un homme fidèle en amitié. Il n’est pas de ceux qui se servent de leurs adjoints comme de kleenex : on les jette sans états d’âme, et aussi vite que possible. Si le Cardinal Bertone ne peut être viré, et puisque manifestement tout est bloqué, la seule solution est de se démettre soi-même. Là-dessus l’âge, la perspective d’un déplacement fatigant au Brésil, etc. etc., car il n’y a sans doute pas une cause, car il serait trop facile de faire de la curie le grand méchant loup, le bouc émissaire tout désigné. Mais le déclic est là : Benoît XVI ne me semble pas capable de faire de son bras droit un fusible, alors c’est lui qui saute.
Je ne pense pas que l’ampleur de la tâche, l’irréformabilité de la curie, les scandales ou menaces de révélations de scandales soient les premiers en jeu, mais la situation de blocage. S’il y a dans ces lignes un peu de vraisemblance, on peut penser que les Cardinaux non curiaux qui avaient vu un Pape, leur Pape, victime de sa curie, ne pouvaient que résolument aller chercher ailleurs.
Ce n’est pas tant un désir de réforme de la part des Cardinaux qu’une exaspération devant un système trop ostensiblement anti-évangélique. Il aura fallu tomber bien bas pour ouvrir une porte. Cette exaspération suffira-t-elle ? Il semble que les Cardinaux découvrent celui qu’ils ont élu, surpris eux-mêmes par le nom du Pape, par ses gestes, comme si tout cela n'était pas prévu, comme si ce qu'ils avaient choisi, c'était de sortir d'Italie, et non le Pape François.
C’est peut-être ainsi qu’il faut comprendre l’affirmation selon laquelle le Pape a été choisi par Dieu, comme disent les Cardinaux. Le Patriarche Maronite rappelait que l’un d’entre eux avait dit : Dieu a déjà choisi le Pape, maintenant, il faut le trouver. Evidemment, ce sont les eux qui ont voté. Evidemment, si Dieu laisse mourir les enfants, il ne va pas perdre son temps à élire un Pape ! Pour les Cardinaux, il s’agissait de trouver une solution pour répondre à ce qui a mené à ce que l’on pourrait appeler la destitution du Pape par la curie. L’inattendu laisse toute possibilité de voir l’Esprit saint à l’œuvre, c’est-à-dire prendre un malin plaisir à déjouer les pronostics, des journalistes, certes, mais peut-être aussi des cardinaux eux-mêmes, en attendant, de la conférence épiscopale italienne, qui compte pas mal de Cardinaux !

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