01/05/2015

Notre faute et le Dieu plus grand que notre coeur (5ème dimanche de Pâques)


« Si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses. » (1 Jn 3, 20)
C’est curieux cette affirmation de Jean, « si notre cœur nous accuse » ou nous condamne ». Serait-il possible que notre cœur ne nous condamne pas ? Serait-il possible que nous ayons la conscience tranquille ? Existe-t-il parmi nous des personnes qui n’ont rien à se reprocher ? « Si notre cœur nous condamne » il en a de bonnes, Jean !
Cela me fait penser à une parabole dans un des romans d’Elie Wiesel, Les juges. Un vol New-York Tel-Aviv. L’avion est obligé de se poser en catastrophe. Quelques passagers sont hébergés dans ce qui deviendra vite un piège, une prison. Un juge annonce que le coupable qui se trouve parmi eux doit se dénoncer, sans quoi quelqu’un sera exécuté.
Qui est ce juge pour juger, condamner, châtier ? Faut-il trouver le coupable, pour qu’il avoue et libère ainsi les autres ? Tous se feraient alors enquêteurs, juges ; à terme tous condamneront et châtieront. A moins qu’en fin de compte, chacun ait raté quelque chose dans sa vie, dans sa relation ou son absence de relation aux autres. Tous sont coupables au moment même où il se fait son propre juge.
Personne n’est à la hauteur de ce que la vie exige de lui. Et il faut une bonne dose de mauvaise foi pour ne pas s’accuser. Comment le sentiment de culpabilité ne nous habiterait-il pas ? Le mal, c’est celui que nous avons commis, en parole, par action ou par omission. Le mal, c’est aussi celui que nous avons subi ; c’est terrible, mais la victime se sent responsable du mal subi. Il y a encore le mal dans lequel nous sommes pris, qui nous dépasse mais dont nous sommes solidaires, responsables : la faim dans le monde alors que nous sommes dans l’abondance, les injustices, etc. C’est ce que l’on appelle le péché originel, non un truc qui nous viendrait des premiers parents, mais une faute qui nous rattrape, nôtre depuis toujours, sans que nous n’ayons pourtant rien fait.
On dira que la culpabilité est morbide voire mortifère. Assurément. Le sentiment de culpabilité nous enchaîne plus que notre faute. Elle, on peut arriver à l’oublier, à vivre comme si de rien n’était. Toute vérité, y compris sur soi, n’est pas bonne à dire. « Le premier qui dit la vérité, il dot être exécuté » semble répondre Guy Béart à Wiesel. Mais la culpabilité, chassez-là d’un côté, elle revient toujours pas un autre.
Ainsi donc, notre cœur nous condamne. Je ne parviens à entendre le « si notre cœur nous condamne » que comme une clause de style et j’entends puisque notre cœur nous condamne.
Que faire ? On pourra, on devra refuser à notre cœur de nous juger. Non pour faire comme si de rien n’était, mais, le commandement « tu ne jugeras pas » vaut aussi pour nous-mêmes. Qui sommes-nous pour juger, pour nous juger ? Rejeter le mal, dire non au mal, le dénoncer est aussi fondamental que de se garder de juger les frères, même ennemis, et soi-même. On peut être à soi-même son pire ennemi. La faute originelle est dite dans le mythe comme la prétendue possibilité de discerner le bien et le mal. Nous ne sommes plus des innocents au deux sens de l’expression : nous sommes informés, et nous sommes coupables.
Mais refuser de juger, ne nous libère pas encore, ne pose pas notre cœur en paix. Comment le serait-il, lui qui n’a pas aimé, qui est pris dans le mal ?
En appeler à Dieu pourra paraître la solution magique, Deus ex machina. Et pourtant, n’est-ce pas effectivement divin ce qui libère et apaise ? L’autre seul peut nous absoudre, nous délier, nous regarder droit dans les yeux pour nous aimer, quoi que nous ayons fait, ou dit, ou omis. C’est divin, je veux dire, c’est créateur, cela refait, cela sauve, peut-être pas comme au premier jour, mais… mieux encore.
Faut-il que ce divin soit Dieu lui-même ? Je le crois, je le pense. Ma faute est une chose, mais elle est redoublée, elle s’enkyste dans ce qui me dépasse, notre faute. Notre faute, autre superbe roman, de Frédéric Boyer, me submerge, nous submerge, nous enchaîne, les autres et moi. Avec ma faute, j’entre dans le grand pacte avec le mal. Et là, qui aura le cœur assez grand pour nous regarder dans les yeux tous ensemble et nous aimer encore ?
« Devant Dieu, nous aurons le cœur en paix car, si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses. »

24/04/2015

Pourquoi la crise des vocations ? (4ème dimanche de Pâques)


Pourquoi la baisse des vocations ? Est-ce si sûr que l’on manque de prêtres ? Ce sont plutôt les chrétiens qui font défaut. J’en veux pour preuve le reflux conséquent des ordres religieux féminins ou masculins sans prêtres. En nos pays, rapporter au nombre de chrétiens, pas sûr que l’on manque de prêtres, surtout qu’avec les moyens de communication modernes et les rythmes d’aujourd’hui, on n’envisage plus qu’il y ait un curé pour cinq cents habitants, à cultiver son jardin et écrire l’histoire locale !
Le recul des chrétiens est inexorable dès lors que l’appartenance religieuse n’est plus conditionnée socialement, pour le pire mais aussi pour le meilleur. Aujourd’hui, être chrétien relève principalement d’une histoire personnelle ; dans une fratrie certains s’engagent avec Jésus, les autres non. Il n’apparaît plus évident du tout que l’on ait besoin de Dieu ; et s’il ne sert à rien, pourquoi croire ?
Le discrédit de l’Eglise frappe grandement et prioritairement les potentielles vocations. Les scandales de pédophilie en sont une illustration parmi d’autres.
Réussir sa vie, aux yeux des familles, ne passe pas par un engagement dans l’Eglise, mais par une grande école et de bonnes études. J’assiste dernièrement à une discussion entre parents de Terminale et entends les préoccupations en vue du meilleur choix. Les motivations font froid dans le dos : que les jeunes fassent partie des meilleurs. Pas une fois je n’ai entendu un quelconque sens du service ou de l’épanouissement personnel qui aurait pu laisser place à un engagement ecclésial. Pour nombre de nos familles pratiquantes, aujourd’hui, ce n’est même pas envisagé. Les enfants existeront par la réussite sociale, qui est affaire de situation professionnelle. Les prêtres ne sont plus des notables, et nos enfants doivent gagner leur vie au moins aussi bien que nous !
A ces raisons sociologiques, on doit ajouter des raisons théologiques.
Pendant des siècles, on a pensé que l’on était meilleur chrétien à être religieuses ou clercs. Vatican II, en rappelant la vocation universelle à la sainteté, rend optionnelle, et à juste titre, la vocation au sens restreint. Ceux d’entre nous qui sont motivés par la sainteté, s’il en est, ont d’autres chemins pour s’y aventurer que la cléricature ou la vie religieuse.
Dans un monde qui ne croit plus que Dieu intervient surnaturellement, magiquement, nous continuons à penser, de façon aussi romantique qu’individualiste, les vocations spécifiques comme des révélations, une intimité entre un élu et son Dieu. Les frères n’y apparaissent pas. Comment voulez-vous que cela marche ? Comment voulez qu’une pastorale des vocations, à base d’adorations et de pèlerinages, soit pertinente ? On fabrique des égos autistes et machistes qui se prennent pour des prophètes, imposent leurs avis comme autant de jugements sur la société. On génère une caste qui s’accroche, même au prix de l’hypocrisie, à un système sous couvert de défendre l’éternelle vérité. L’évangile et la miséricorde passent à la trappe. La pastorale des vocations, ainsi, n’est qu’une gesticulation.
Dans un monde où Dieu n’est plus indispensable pour vivre heureux, les chrétiens découvrent son absolue discrétion, sa radicale inutilité. Et c’est très bien. Nous ne croyons pas en Dieu parce que ceci ou cela, parce que cela rendrait heureux ou nous attirerait sa bénédiction. Nous connaissons tant de croyants malheureux, déjà dans les Ecritures ; nous croyons que Dieu aime tous les hommes et que les disciples de Jésus ne bénéficient d’aucun traitement de faveur. Alors, à quoi bon croire et s’engager comme religieux, religieuses ou prêtres ? La gratuité de Dieu fait de nous des prophètes de la grâce, du sans-raison de l’amour, du respect d’autrui, surtout de l’improductif et de l’inutile social. La gratuité n’est pas une valeur en ce monde. Ce qui est gratuit ne vaut rien. La vocation universelle à la sainteté ne peut être qu’intempestive, inactuelle ; les vocations religieuses pareillement, en conséquence.
Si être chrétiens c’est s’engager dans le service des plus pauvres, service souvent perdu d’avance, on comprend que cela n’attire guère. La personne que l’on accompagne à la mort, cela ne va pas réussir, elle va mourir. L’immigré que l’on soutient, cela ne réussira pas, nous n’avons pas de solution pour le sortir de la rue. La personne sans emploi qui vient nous voir, nous n’avons pas de travail à lui offrir. Pas de serviteurs, pas de chrétiens, pas de vocations.
On peut certes continuer à être chrétien sociologiquement, cela confère une identité. Mais de là à s’engager au célibat, à renoncer à un certain salaire, à ne pas décider de sa carrière…
Si l’on est chrétien pour de bon, c’est-à-dire sans raison, alors on sait qu’il faut convertir la conception commune du prêtre. Les prêtres ne sont pas les chefs (et d’ailleurs personne n’en veut, on préfère les larbins disponibles pour gérer le religieux, ouvrir les églises et faire le rangement de la salle de garderie après la messe. Et surtout, qu’ils disent ce qui conforte ce que nous pensons autant que nos intérêts !). Les prêtres sont des ministres, c’est-à-dire des serviteurs. Est-ce ce que nous voyions ?
S’il y a crise des vocations, c’est parce que nous avons redécouvert ce que certains ont toujours vécu, mais qui s’impose à tous, malgré les contre-témoignages : en dehors du service de Dieu, c’est-à-dire de celui des frères, à commencer par les plus pauvres, il n’y a pas de vocation.

18/04/2015

Comment savoir que Jésus est vivant ? (3ème dimanche de Pâques)


Comment savoir aujourd’hui que Jésus est ressuscité ? Si nous devions faire un discours comme ceux que l’on trouve dans les Actes des apôtres, si nous devions comme Pierre, nous adresser à la foule, que dirions-nous ? Si nous devions… mais nous devons. Que disons-nous de la résurrection aujourd’hui ?
Nous croyons par ce que c’est écrit. Mektoub, comme disent les musulmans. De fait, les Ecritures racontent la résurrection de Jésus. Le Premier Testament peut être lu comme une prophétie de Jésus. Le Psaume 4 dit Tu ne peux laisser ton ami voir la corruption. Le livre d’Isaïe dit que le juste persécuté et maltraité, tué, sera celui qui justifie les multitudes. Le psaume 2 ajoute : tu es mon Fils, moi, aujourd’hui je t’ai engendré, comme s’il annonçait le premier-né d’entre les morts.
Mais on le voit, lire ainsi les Ecritures suppose qu’on les interprète. Il ne suffit pas que cela soit écrit, mektoub. Sans compter que ces Ecritures ne sont peut-être à considérer que comme une mythologie, des écrits vieux de quasi deux milles ans, et plus encore, témoins de ce que pensaient des personnes à la mentalité religieuse, bien différente de la nôtre. Qu’est-ce qui dit la vérité des Ecritures ?
En avançant les Ecritures comme vérités de la résurrection, nous sommes renvoyés à leur vérité à elles, et nous n’avançons guère. Certes, on ne voit pas bien pourquoi on aurait inventé tout cela, si ce n’est que la littérature est depuis toujours une expression du sens, de la compréhension de la vie de l’homme. Et la fiction n’est pas la dernière pour dire le sens. Quant à elle, elle reste fiction, invention.
On dira que nous croyons la résurrection sur le témoignage des disciples, transmis de génération en génération, depuis quasi deux mille ans. Et quoi qu’il en soit dans nos pays, jamais, il n’y eut autant de disciples de Jésus qu’aujourd’hui. Des gens simples et des chercheurs, des savants et des hommes et des femmes de toute culture.
Oui, nous ne croyons pas seuls. Il y a depuis les origines une communauté. Oui, nous le savons, croire à plusieurs est une aide pour la foi. Reste que sur tous ceux qui se disent chrétiens, combien croient vraiment à la résurrection ? Qu’est-ce qui relève encore d’un animisme peu converti, peu évangélisé, y compris ici en Occident ?
Les raisons de croire du passé ne semblent pas suffire. Ce n’est sans doute pas une raison pour les rejeter. Mais il faut encore autre chose. Quoi donc ? Si nous cherchons une preuve, nous nous trompons. Car nous ne cherchons pas à savoir la résurrection de Jésus, mais à la croire. Si la résurrection de Jésus était un fait de l’Antiquité établi comme sa vie et sa mort sous Ponce Pilate, ou la condamnation et la mort de Socrate, cela ne ferait pas de nous des disciples. Il n’y a pas de disciple de Socrate, de vie philosophique, qui célèbre chaque semaine son héros.
Nous ne cherchons pas une preuve de la résurrection du Seigneur qui serait de l’ordre d’un savoir. Nous cherchons à comprendre comment il est possible d’être aujourd’hui disciples d’un homme mort il y a presque deux mille ans.
L’indice le plus encourageant pour parler de la résurrection de Jésus c’est la communauté de ses disciples. Depuis deux mille ans, et encore aujourd’hui, des hommes et des femmes préfèrent mourir plutôt que d’abandonner Jésus. Depuis deux mille ans, et encore aujourd’hui, des hommes et des femmes se réunissent chaque dimanche. Depuis deux mille ans et encore aujourd’hui, au nom de Jésus, des hommes et des femmes, se font samaritains de leurs frères. La résurrection de Jésus ne se révèle pas ailleurs que dans la fraternité qu’il institue à donner Dieu à l’humanité comme Père.
Ce que nous vivons dans l’étude du mystère de Dieu et la lecture des Ecritures, dans la charité, dans la prière, ce que nous désirons au plus profond de notre personne et que nous laissons parfois venir à la parole, ce que nous comprenons de la vie humaine en ce monde comme fraternité destinée à vivre en paix et à bénéficier de la création, malgré tous nos rêves que nous risquons toujours de prendre pour la réalité, et malgré l’horreur du mal qui nous fait chanceler, voilà qu’en Jésus le Vivant, ce pourrait être mené à un accomplissement dont nous ne soupçonnons qu’une infime dimension.
C’est évidemment dans la foi que Jésus peut-être reconnu vivant. Les disciples le savent mort mais le croient vivant ; il n’y a plus personne pour condamner semblable affirmation, contrairement au très obtus Pie X. Ce qui fait que nous croyons en Jésus, c’est qu’il est justement pour nous, ici, le vivant.
Le pourcentage de disciples de Jésus a diminué considérablement dans nos pays depuis quelques décennies. La société n’est plus chrétienne, non pas d’abord numériquement, mais structurellement. Elle n’encadre plus les individus dans leur foi. On est disciple de Jésus, en grande partie sans la société, parfois contre elle. Si Jésus n’est pas le Vivant aujourd’hui, si pour nous, être chrétien c’est une affaire de tradition, cela n’ira pas loin. Nous ne nous levons plus le dimanche, à moins de faire partie du petit pourcentage des nostalgiques pour qui la religion est affaire politique et identitaire, pour qui la foi de nos pères est un attachement à l’institution ecclésiale plus qu’à Jésus. L’Eglise, oui, Jésus non !
Mais si Jésus vient à notre rencontre, croiser nos espoirs et nos peines, nos joies et meurtrissures, pour sûr, nous le reconnaissons vivant.




- Seigneur, qui nous fera voir le bonheur ? Donne à ton Eglise de se mettre à ton service, c’est-à-dire au service de toute l’humanité dans sa quête de bonheur.

- Seigneur, qui nous fera voir le bonheur ? Donne au monde traversé par la violence de trouver la paix à laquelle il aspire.
- Seigneur, qui nous fera voir le bonheur ? Cette semaine encore, des migrants en quête de bonheur, plus de quatre cents, ont péri dans la Méditerranée, certain jetés à mer par leurs compagnons d’embarcation.
- Seigneur, qui nous fera voir le bonheur ? Donne à notre communauté d’être un lieu où il fait bon vivre, prier et servir les pauvres.





Lecteur           Presque 2000 ans après le discours de Pierre aux Juifs de Jérusalem pour rendre raison de la résurrection de Jésus, des Pierre, aujourd’hui, s’adressent aux français de Madrid. Mais le discours semble moins simple à tenir. Parmi les disciples de Jésus, des objections se font entendre et obligent à réorienter le propos.
Pierre 1.          Frères, et vous tous francophones de Madrid, sachez le.
Si nous croyons que Jésus est vivant, c’est parce qu’avec lui se sont accomplies les Ecritures. Il est celui que les prophètes avaient annoncé.
Pierre 2           Ses premiers disciples, bien avant nous, ont raconté l’avoir vu vivant. Ils ont écrit leur témoignage. C’est ce que nous appelons l’évangile et le Nouveau Testament. Ce sont eux qui nous donnent de croire en la résurrection.
Pierre 3           Mais qu’est-ce qui prouve que ces Ecritures ne sont pas des inventions ? L’Ancien Testament peut viser beaucoup d’autres « messies ». Le Nouveau peut être le rêve que les disciples ont pris pour la réalité.
Pierre 4           A-t-on même des preuves de ce que Jésus a existé ? Nous ne pouvons rien montrer qui lui ait appartenu. On ne sait pas même pas quand il est né. Le 25 décembre, c’est une invention et il n’est pas né en zéro. Jésus est né en moins 5 avant Jésus Christ !
Pierre 5           Les Ecritures ne sont pas une preuve suffisante. Elles constituent des indices. Quant à l’existence de Jésus, elle est certaine, même si nous n’avons pas de trace archéologique. C’est la même chose pour quasi tous les personnages de l’Antiquité. On ne connaît pas leur date de naissance avec précision. Mais puisque Jésus est né, et que nous sommes ses amis, il faut bien fêter son anniversaire. La date symbolique de la nuit la plus longue, à Noël, a été choisie parce que Jésus est la lumière qui renverse les ténèbres.
Pierre 6           Ce n’est pas parce qu’un moine a fait une petite erreur de calcul au Moyen âge, sans ordinateur, que notre foi serait ébranlée ou fausse. Oui Jésus est né avant Jésus, c’est plutôt marrant !
Pierre 7           Nous croyons à la résurrection, parce que si Jésus est né par l’opération du Saint Esprit, il est fort possible qu’il soit ressuscité
Pierre 8           C’est plutôt l’inverse. C’est parce que nous le croyons vivant, vainqueur de la mort, que nous avançons qu’il est né comme tout le monde : il a une maman et un jour, il est mort. Il est aussi Dieu : c’est comme si Joseph était son père adoptif.
Pierre 9           Nous croyons à la résurrection parce ce que, depuis deux mille ans, des disciples se sont succédés. Tant d’hommes et de femmes qui donnent leur vie pour Jésus, comme ceux qui sont martyrisés encore aujourd’hui. Préférer mourir plutôt que de trahir Jésus, cela donne du poids à ce qu’ils croient.
Pierre 10         Depuis 2000 ans, des disciples de Jésus font le bien autour d’eux au nom de Jésus. Le mal existe et de nombreux chrétiens sont engagés à le combattre.
Pierre 11         Il y a aussi des chrétiens méchants et des non croyants qui font le bien. Nous voulons une preuve.
Pierre 12         Il n’y a pas de preuve au sens d’un savoir. Si vous savez par la démonstration que Jésus est ressuscité, vous n’y croyez pas. Or dans l’amour, l’amitié, il s’agit de faire confiance. Si vous ne voulez pas faire confiance, jamais vous ne pourrez être disciples, être croyants.
Pierre 13         Nous croyons que Jésus est ressuscité parce que, faire confiance en sa parole, lui faire confiance, nous permet de vivre pour de vrai. Les croyants prennent peut-être moins leurs rêves pour la réalité que la moyenne, parce que Jésus a été confronté au mal. Ils savent qu’il faut se démener pour que le monde soit beau. Nous croyons que nous ne sommes pas seuls pour construire ce monde.
Pierre 14         Toutes ces raisons de croire n’en sont pas vraiment. Ce sont juste des indices qui disent qu’il n’est pas idiot d’être disciples de Jésus, que la foi, c’est même parmi les choses les plus intelligentes. Mais si c’est une affaire de confiance, alors on fait le saut de la foi sans raison, seulement parce qu’on aime être avec Jésus, avec ses disciples, au service des autres. Nous croyons à la résurrection de Jésus sans raison, à cause de rien, seulement parce que c’est lui.