10/07/2026

Une nouvelle fois, la parabole du semeur (15ème dimanche du temps)

 

(texte retravaillé d'une publication antérieure) 

Lisons une nouvelle fois la parabole du semeur (Mt 13, 1-10). Une nouvelle fois parce qu’elle est racontée trois fois, dans les trois synoptiques. Une fois nouvelle pour entendre sa nouveauté. Le texte ne paraît pas faire problème. Nous n’aurons pas de mal à répondre à la question de savoir qui est le héros de la parabole, le personnage principal. Et pourtant…

Au début, il semble que ce soit le semeur. Cependant, dans bien des lectures, cela paraît plutôt être le terrain. Nous lisons la parabole comme un discernement du terrain favorable. Subrepticement, la caméra a glissé du semeur à la terre. Que s’est-il passé ?

C’est que dans la vie, il en va ainsi. Dieu, à l’origine de toute chose, disparaît de ce monde au profit des hommes, qu’ils écoutent ou non sa parole. La responsabilité échoie à l’humanité de poursuivre l’œuvre de vie ou de tuer la vie dans l’œuf.

Pour focaliser l’attention sur les terrains, il suffit de remplacer, comme le commentaire que propose l’évangile lui-même, les termes de l’histoire par d’autres. La version de Luc est la plus explicite : « La semence c’est la parole de Dieu, ceux qui sont au bord du chemin, ce sont ceux qui », etc. Matthieu ne se préoccupe que des terrains. « Celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin ; etc. »

La parabole délivrerait alors une leçon de morale, une leçon sur le comportement. Elle encouragerait à être le bon terrain, c’est-à-dire à écouter la parole et à l’accueillir, à l’écouter et à la mettre en pratique, de sorte qu’une parole reçue devienne, en cent ou soixante ou trente occasions, une parole pour d’autres.

Le problème, c’est que l’on ne dit pas comment on devient bonne terre, comment on peut de chemin, sol pierreux ou roncier devenir auditeur de la parole. Il est urgent de revenir à celui que l’on a laissé de côté alors qu’il semble si évidemment être le protagoniste, le semeur.

Rien que la façon de le nommer attire l’attention, non pas « Voici que le semeur est sorti pour semer » mais « Voici : celui que sème sortit pour semer ». Tout est action, sortir, semer. Une fois, en effet, il sortit. Dieu sort au matin du monde qui est notre présent. Il vient à notre rencontre. « Tu visites la terre et tu l’abreuves, tu la combles de richesses. Les ruisseaux de Dieu regorgent d’eau, tu prépares les épis. Ainsi tu la prépares arrosant ses sillons, aplanissant ses mottes, tu la détrempes sous les pluies, tu bénis les semailles. » (Ps 64, 10-11)

Et il sort pour semer. Importe moins son identité que son action, ou plutôt son identité est son acte, il est celui qui sème. « Le semant sortit pour semer. » Pléonasme encore renforcé : « Et, comme il semait ».

On ne sait pas ce qu’il sème, blé, légumes ou autre. Impossible dès lors de faire parler les chiffres du rendement. Cela fait juste beaucoup, trente, soixante ou cent pour un. Le texte grec n’a pas même besoin d’ajouter « des grains tombèrent ». On lit mot-à-mot : « Voici : le semant sortit pour semer. Et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Et d’autres tombèrent…, Et d’autres tombèrent…, Et d’autres tombèrent… » Non seulement le terrain ne serait pas le but de la parabole, mais la semence non plus. Il y a juste Dieu et son unique action, source de vie, généreuse, débordante, inépuisable, ensemencer la terre entière sans compter, de même qu’« il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. »

Le semeur s’y prend à quatre fois pour la tâche qui le définit tout entier, semer. La première fois, cela ne marche pas, la deuxième non plus, la troisième pas davantage. Comme dans les contes, on fait monter le suspens. Et là, d’un seul coup, on passe du rien au tout. Est manifeste la fécondité du semeur.

Il en met partout. Pour un semeur professionnel, qui ne fait que cela ‑ il n’est pas défini comme agriculteur ou céréalier, mais seulement comme semeur, un métier qui n’existe pas – ce n’est pas terrible ! ça coûte cher. Le semeur ne regarde pas à la dépense. Il donne sans compter. Plus qu’à espérer de tout terrain qu’il soit favorable, c’est l’extravagance de la générosité du semeur qui est confessée. Est-ce le Dieu que nous confessons aussi ?

Il sème, et déjà on parle du fruit, abondant. On ne parle pas de taille, d’entretien, de récolte ou de moisson. Ce n’est pas la parabole du cultivateur qui bêche ni celle du moissonneur qui constate le rendement. C’est la parabole du semeur. Le semeur ne cherche pas à ce que cela lui rapporte, il désire seulement le fruit abondant. Dieu n’est pas un moissonneur qui vient chercher son dû, ou un productiviste qui arrache les plans inutiles. Il est dit à l’origine, non le début, mais la source. Semences répandues en vue de la vie. Dieu est semeur.

Après de nombreux essais, le fruit est abondant. Trois fois sur quatre, cela semble raté, grand désastre jusque dans la mort de Jésus. Fallait-il créer dans ces conditions ? C’est la responsabilité de Dieu que défend la parabole, en faisant des semailles non une production, mais la prodigalité, le don sans mesure, en faisant des semailles le fruit. Créer pour la vie, plus fort que tout ce qui l’empêche. Lorsqu’il sort, au matin du monde, qui est notre présent et notre a-venir, le fruit est assuré, abondant. Plus fort que la stérilité, que la mort et la violence qui font disparaître, étouffent ou brûlent, la vie. Malgré le prix de la stérilité et pour en libérer les victimes, la générosité de vie voit l’abondance du fruit.

Ainsi, la bonne terre, c’est Jésus ! « La terre a donné son fruit, Dieu notre Dieu nous bénit. » (Ps 66, 7)

 

Vincent Van Gogh, 1888, Le semeur au soleil couchant 73,5 cm x 93 cm

On pourra écouter cette émission sur le semeur chez Van Gogh 

 

03/07/2026

Nous ne savons pas ton mystère (14ème dimanche du temps)

 

Connaître Jésus, certains en ont eu la possibilité historiquement, de l’avoir enfanté, d’avoir partagé sa vie ou de l’avoir accompagné. Les historiens essayent de déterminer ce que l’on peut connaître biographiquement de cet homme. A supposer qu’il soit pertinent de distinguer le Jésus de l’histoire et le Christ de la foi, il est une connaissance du Père et de Jésus qui ne relève pas seulement de ce que les sciences établissent. Elle se repère dans une vie transformée. Jésus et son père, ne se réduisent pas à l’objet d’un savoir, ils sont source de salut : Jésus partage un joug et allège le fardeau de l’existence. Non que l’on ne crève pas mais qu’il y a un témoin de l’écrasement, et son témoignage est salut. Ce n’est peut-être pas assez dire, mais le salut c’est déjà Dieu qui salue tous ceux que le monde, l’Eglise aussi, piétinent. La reconnaissance de la vie saluée, sauvée, c’est cela qu’on appelle la foi.

Qu’est-ce que croire à la suite de Jésus ? En latin, on pouvait dire credere Deum, credere in Deo, credere in Deum. En français, s’agit-il de croire que Dieu existe ? ou que ce que le credo énonce est vrai, l’incarnation, « Dieu avec nous », la résurrection, le pardon des péchés et la vie éternelle ? Ou de croire Dieu, mettre sa foi, sa confiance en lui ?

Croire relève-t-il du savoir ‑ activité intellectuelle ou expérience – ou bien de la charité pratiquée ? Croire, c’est marcher comme lui Jésus a marché (1 Jn 2, 6) plus que connaître des des vérités sur Dieu, le monde et soi, acquises par la réflexion ou le ressenti. Personne ne sait quand il vit avec Dieu, quand il sert Jésus (« Quand t’avons-nous vu avoir faim ? » « Eloignez-vous de moi, mauvais, je ne vous connais pas ». Mt 25, 32-46 et 7, 21-23) On ne sait pas si l’on croit. Il y a un apophatisme de la foi, voire un agnosticisme interne à la foi.

Les sciences humaines ‑ histoire, anthropologie religieuse et lecture socio-politique du dogme notamment – préviennent contre le premier degré du dogme. Il y a une herméneutique biblique : il doit y avoir une herméneutique des énoncés dogmatiques, sans quoi on fait du dogme une mythologie, comme la lecture non-critique des Ecritures fait d’elles un mythe.

Affirmer Jésus vrai homme et vrai Dieu ‑ ce pourrait-être cela connaître le fils ‑ n’est pas ce que l’on croit, parce que la foi ne s’arrête pas à l’énoncé mais à ce qu’il indique. « Dans le symbole, on tend vers ce en quoi il en va de la foi pour autant que l’acte du croyant y trouve sa fin, comme le montre la manière de parler. Or l’acte de foi se termine non à la proposition mais à la chose (Actus autem credendis non terminatur ad enuntiablile sed ad rem) : nous ne formons en effet des énoncés si ce n’est pour avoir par eux la connaissance des choses, dans les sciences comme dans la foi. » (Thomas d’Aquin)

Nombre de ceux qui se reconnaissent chrétiens disent vivre la présence de Jésus dans leur vie. « Que deux ou trois soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » « Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. » Que visons-nous lorsque nous confessons la présence de Jésus, autrement dit lorsque nous disons connaître le Père ou le fils ? Non pas assurément le contraire d’une absence, constat brutal et indépassable de la mort que la résurrection ne supprime pas, comme un happy end. La présence de Jésus ressemble à celle de l’être aimé parti en un long et lointain voyage, parce que Jésus n’est pas présent comme en un lieu. Dans le monde qui désormais est le nôtre, vidé du religieux qui contamine l’évangile, « devant et avec Dieu, nous vivons sans Dieu » (Bonhoeffer). Ou bien : « En vérité, le Seigneur est en ce lieu, et je ne le savais pas ! » (Gn 28, 16)

Beaucoup pensent ne pas croire parce qu’ils ne ressentent rien, n’éprouvent absolument pas ni conçoivent la présence de Dieu. Est-ce si sûr ? Le Royaume maintenant se manifeste comme monde nouveau, né de la société avec les exclut et les parias. « Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du verbe de vie » c’est, depuis la mort et la résurrection de Jésus, uniquement par la charité qu’on le vit.

Pour le païen et l’idolâtre, la connaissance de Dieu ou sa présence sont une évidence. Pour le sans-Dieu, un non-sens. Pour les disciples de Jésus, la présence de Dieu, la connaissance du Père, sont davantage question que certitude, une interrogation sans cesse effective, efficiente, non pas seulement intellectuelle, mais transformatrice de l’existence. Vivre en ne maîtrisant rien, marcher vers où l’on ne sait pas (He 11,8). Sera-t-il croyant si le cœur de sa foi (la connaissance du Père) n’en est plus l’objet, mais un savoir acquis, définitivement ? Croirait-on d’autant plus, mieux, que la certitude de la présence divine ne serait jamais traversée par l’indisponible ? Mais alors, il n’y a plus à croire ; ou au contraire croire est réduit à une manière de savoir invérifiable. Il ne s’agit pas de mettre du doute dans la foi, comme si doute et foi, loin de s’opposer, se fécondaient. Ce serait encore situer la foi dans l’orbe du savoir.

La confiance, la foi est un acte, laisser entrer quelqu’un dans sa vie, et décider ou constater, ou constater que l’on décide, ou décider que l’on constate, que l’on ne mène pas soi-même sa vie et qu’on choisit ou consent à ce que l’autre la conduise aussi. Mais si l’autre c’est Dieu, alors, nous entrons dans le registre du « comme si » L’apophatisme est requis voire l’agnosticisme.

C’est cela le mystère, ni ce qu’il faut découvrir, ni ce que l’on ne pourrait pas comprendre, mais ce qui, plus on le découvre, plus on découvre que ce que nous en comprenons est infime. Plus on s’y aventure, plus on se rend compte de combien son immensité nous laisse toujours sur la berge, loin de son large. Dieu s’est avancé et nous sommes saisis par l’immensité mystérique de son amour. Avancer au large, dans le mystère, c’est découvrir la rive comme notre lieu, de façon indépassable. La recherche du mystère révèle bien plutôt, et de mieux en mieux, le rivage où nous sommes, que le mystère même. Dieu est et reste celui que nul n’a jamais vu.

Il faut penser dans la suspension du jugement. L’apophatisme voire l’agnosticisme, n’est pas une option, mais une détermination de toute option. La conviction la plus forte, celle qui fait que l’on pourrait donner sa vie, est marquée de la faiblesse, au sens de la contingence comme condition humaine. La critique ne s’oppose pas à la conviction. Elle ne mène pas au cynisme ou au relativisme. La critique et la conviction ensemble, parce qu’ainsi est un peu prise en compte la contingence, la finitude, le rejet du rêve de toute-puissance. Sans faiblesse de croire, il n’y a pas de croire, mais une idéologie, éventuellement religieuse.


Léonard de Vinci, détail de La Vierge aux rochers (entre 1483 et 1494), Louvre

26/06/2026

La charité ou la prière (13ème dimanche du temps)

 

Il est commun de dire que la charité ne suffit pas quand on est chrétien. Il faut en plus la prière, la relation à Dieu ! On se rappelle l’avertissement de François refusant de réduire l’action chrétienne à l’humanitaire. Les chrétiens participeraient tous, directement voire financièrement, à l’action humanitaire, qu’un grand pas aurait été fait vers la sainteté.

Dernièrement, une homélie enseignait les acteurs de la solidarité ‑ ainsi sont nommés ceux ont reçu mission auprès des plus pauvres ‑ que l’action caritative prenait tout son sens si l’on était uni par la prière. Un peu plus tard, étaient placés sur le même plan le charisme de la charité et, par exemple, celui de la liturgie. L’Eglise aurait pareillement besoin des deux.

« Je vais encore vous montrer une voie qui les dépasse toutes. » 1 Co 12, 31-13) « Si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. » Même à avoir la foi à transporter les montagnes. C’est dit explicitement : Sans la charité, la foi n’est rien, même la plus grande et partant la prière !

La prière unirait à Dieu, serait le temps qu’on lui consacre. Non ! Le temps consacré à Dieu, c’est l’amour des frères. « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour est de Dieu et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. […]  Si quelqu’un dit : "J’aime Dieu" et qu’il déteste son frère, c’est un menteur : celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas. Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. » (1 Jn 4, 7-8. 20-21)

La prière est le lieu de toutes les illusions. On dira que la charité aussi ? Et quand bien même. Celui qui aura relevé un frère par une charité illusoire aura bel et bien prodigué le salut. Il est des priants qui descendent du temple sans être justifiés (Lc 18, 10-14) ! Le prisonnier d’une illusion caritative n’entendra peut-être absolument rien ou ne voudra même absolument rien entendre de Dieu ? Il aura relevé le frère. Il est appelé « béni de mon Père » !

N’a-t-on pas lu, n’a-t-on pas entendu ? On ne sait pas quand on sert le fils de l’homme. « “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer, étranger et de t’accueillir, nu et de te vêtir, malade ou prisonnier et de venir te voir ?” Et le roi leur fera cette réponse : “En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” » (Mt 25)

Et si l’on n’avait pas entendu, le texte répète. Pourquoi donc quatre fois la liste des œuvres de charité, si ce n’est parce que Jésus sait que l’on n’entendra pas ? Ou encore, en ouverture du même évangile, ces versets qui encadrent l’action de Jésus : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !” » (Mt 7, 21-23)

Ceux qui servent les pauvres connaissent la puissance de révélation qu’est la vie avec les pauvres, les migrants, les prisonniers, les exclus… Là, Dieu se tient.

La prière n’est pas le lieu pour honorer Dieu. Cela, c’est ce que pensent les païens et leurs sacrifices. Bien sûr, les gens religieux font la moue. Quant aux autres, rien ne prouve qu’ils servent le prochain pour autant ! Mais il faut le dire, aussi nécessaire que soit la prière ‑ la prière n’est ni nécessaire ni inutile, elle est lieu de la grâce, expérience de la gratuité – elle n’est rien, un cuivre qui résonne comme dit Paul de tous les charismes. Il n’y a pas d’une part l’amour de Dieu, et d’autre part l’amour des prochains. C’est la révolution théologique de Jésus. Pour aimer Dieu, il y a une voie, l’amour du prochain. Seul l’amour est digne de foi. « On t’a fait savoir homme, ce qui est bon, ce que le Seigneur réclame de toi. Rien d’autre que d’accomplir la justice, aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu. » (Mi 6, 8)

« Si c’est l’essence de l’eucharistie de nous unir réellement avec le Christ et ainsi entre nous, l’eucharistie ne peut pas être seulement un rite et une liturgie, on ne peut pas la célébrer totalement dans l’enceinte de l’église, car l’amour quotidien, habituel, des chrétiens les uns pour les autres est une part essentielle de l’eucharistie elle-même, et cette bonté quotidienne est véritablement "liturgie", et service divin ; on peut même dire que seul célèbre réellement l’eucharistie celui qui l’achève dans le service divin de tous les jours qu’est l’amour fraternel. C’est ce qu’Ignace d’Antioche [vers 110] exprime d’une manière inimitable, lorsqu’il dit que la foi est le corps et la charité le sang du Christ : la liturgie et la vie sont inséparables ! Jean Chrysostome ose dire que les pauvres sont l’autel vivant du sacrifice néotestamentaire, construit avec les membres du Christ. La liturgie du Christ est en un certain sens célébrée plus réellement dans la vie quotidienne que dans le déroulement du rite. » (J. Ratzinger)



Bernin, 1627-28, La charité