samedi 16 novembre 2013

Pour que l'Eglise ne soit pas une secte (33ème dimanche C)

Qu’est-ce que la fin des temps ? L’évangile de ce jour parle-t-il de demain ou d’aujourd’hui ? A moins qu’il ne s’agisse d’hier, car il y a belle lurette qu’il ne reste pas pierre sur pierre du temple de Jérusalem. Les musulmans ont même construit deux mosquées à sa place et ne subsiste qu’un mur de soutènement.
Si l’on ne sait pas de quoi parle le texte, comment le comprendrions-nous ? Si la fin des temps, c’est demain, en quoi le texte est-il utile ? Seuls ceux qui vivront ce moment, à supposer qu’il existe un jour, seront heureux de trouver un mode d’emploi, un guide pour agir à cette heure. Mais voilà que depuis la rédaction de l’évangile, des générations de chrétiens ont lu ces pages sans vivre la fin des temps. Est-ce à dire qu’ils n’avaient rien à entendre en ces versets ? Vraisemblablement, nous non plus ne verrons pas la fin du monde. Serait-ce à dire que nous n’avons rien à attendre de ce texte ? Alors, il faut arrêter ici le commentaire.
Bref, la seule solution pour lire le texte est de décider, même si c’est surprenant, que la fin des temps, c’est maintenant. C’est parce que c’est maintenant la fin des temps, que nous pouvons écouter avec profit cette page d’évangile.
Dire que notre temps est temps de la fin, fin des temps, qu’est-ce que cela signifie ? La fin des temps n’est manifestement pas un autre temps, par exemple après la mort, la mort de tous, mais ce temps-ci où la mort rode et doit être affrontée. N’est-ce pas ce que décrit le texte ?
On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel. Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l'on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d'entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom.
Comprendre ce que nous vivons comme fin des temps a des conséquences dont le texte se fait mode d’emploi. Nous ne sommes nullement abandonnés en ces temps s’ils sont les derniers. Le texte nous dit que faire.
La première chose qui nous est dite c’est de ne pas croire les charlatans. Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : 'C'est moi', ou encore : 'Le moment est tout proche.' Ne marchez pas derrière eux ! Ces charlatans sont peut-être les sectes, et l’on sait les ravages qu’elles font. Plus les gens sont pauvres et paumés, plus elles en profitent, et les vedettes internationales qui sont adaptes ne font que faire croire en la respectabilité de ces officines. Habituées à la une des magazines people, elles sont la devanture encore, en l’occurrence, celle des sectes.
Mais s’agit-il seulement de nous prémunir contre les sectes ? Que les évangiles aient pensé à cela est curieux. C’est plutôt une invitation pour les disciples de Jésus à ne pas se transformer en secte. Cela signifie que les gens paumés, c’est notre boulot de les accueillir, de les soulager, mais sans aucune arrière pensée, du genre se les agréger. Nous somme ici encore les témoins de la gratuité. Nous sommes au service au nom de Jésus, pas pour agréger à Jésus. Si annonce de Jésus il y a, ce sera de telle sorte que la gratuité du service n’y soit jamais sacrifiée.
Une autre caractéristique des sectes c’est la prétention à avoir la solution, les solutions. Nous ne pouvons faire croire que nous avons les solutions. Quand les gens crèvent, comme Mère Téresa, on leur tient la main, on ne fait pas croire au miracle. Parmi ceux qui sont venus sous son nom et qui ont dit, c’est moi, ou le moment est tout proche, qui ont créé des mouvements ou congrégations, plusieurs ont été convaincus d’infamies. Cela n’est-il pas curieux ? Certains ont abusé jusqu’à Jean-Paul II.
Notre Eglise n’est peut-être pas en grande forme. C’est surtout le moment de ne pas croire ceux qui viennent sous le nom de Jésus et de ne pas suivre ceux qui disent que c’est le moment.
Le mode d’emploi qu’est l’évangile de ce jour invite à persévérer. Voilà qui n’est pas une valeur , la persévérance, dans un monde de l’éphémère. Traverser les obstacles, les crises, et même la mort, et se tenir là où nous avons dit que nous serions, même si c’est la mort qui se présente. Mettez-vous dans la tête que vous n'avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. Persévérer dans nos devoirs, dans nos solidarités, dans nos lieux. Il n’y a semble-t-il pas d’autre choix.
L’herbe est toujours plus verte à côté, tant que l’on n’a pas franchi la barrière. Le changement de pré n’est souvent enthousiasmant qu’un court instant. Ensuite, l’herbe apparaît plus verte dans un autre champ, à côté. C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.

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