28/07/2022

« Et tu ne réponds pas » dans les média

 Plusieurs recensions ou émissions à propos de 

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Recension par Aude-Marie Pluvinage

mars 2022
                        

Une série de sept vidéos d'une dizaine de minutes.
1 Et tu ne réponds pas
2 Le don de Dieu
3 La prière est une réponse
4 Prière et désir de Dieu repris par Kto
5 Prière et charité repris par Kto
6 Entrer dans la prière du Christ repris par Kto
7 Prier dans un monde désenchanté   repris par Kto


6 mars 2022

Le téléphone du dimanche.


24-28 janvier 2022
Radio chrétienne francophone — Wikipédia
RCF Halte Spirituelle

 

Janvier 2022

NRT 144-1


Janvier 2022

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11 décembre 2021
Salon du livre et des médias chrétiens de Dijon  Prix du livre "Spiritualité"

 

 Décembre 2021

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Décembre 2021
Radio chrétienne francophone — Wikipédia
RCF Bordeaux     
Première partie 09 12 2021             
Deuxième partie 16 12 2021

 

Décembre 2021
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Octobre 2021


             

22/07/2022

« Notre Père » (17ème dimanche du temps)

Nous connaissons trois recensions du Notre Père. Il y a celle de Matthieu, placée au début de l’évangile, au sein du discours programme de Jésus, le Sermon sur la montagne. Il y a celle que nous venons de lire (Lc 11, 1-13) ; nous sommes quasiment au milieu du texte du Luc. Jésus a pris la route de Jérusalem, il a quitté la Galilée et monte vers sa passion. Matthieu et Luc sont écrits vers 80-85, une cinquantaine d’années après la mort de Jésus

Enfin, un texte dont l’existence était connue a été retrouvé en 1873, la Didachè, ou Enseignement des douze apôtres. Il pourrait rapporter un état antérieur du Pater, proche de Matthieu. Le Notre Père est placé sans doute possible dans un contexte liturgique et est suivi de la doxologie « Car c’est à toi qu’appartiennent… » C’est une attestation solide de ce que notre prière était déjà celle des premières communautés chrétiennes du Syrie, au troisième tiers du premier siècle. On priait alors comme aujourd’hui. Cela permet de penser que le Pater remonte effectivement à Jésus, comme le rapportent les évangiles.

Tous repèrent les deux parties, de louange puis de demande. Après la demande du pain quotidien, la teneur des autres demandes est éthique, engageant le priant dans le mouvement d’un pardon reçu et donné et à sa conversion en se détournant de la tentation du mal. Il n’y a pas de magie dans cette prière, obtenir ceci ou cela, mais une manière de se positionner comme recevant la vie, le pain qui fait vivre. Et l’on sait que l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche du Seigneur ; et l’on sait que le pain est la parole du Seigneur partagée pour que l’on ait la vie, en abondance.

La prière de Jésus est tout entière réponse au don gratuit du Père. La sanctification du nom est la reconnaissance de ce que Dieu se donne, est l’accueil du don qu’est Dieu. La louange du Père est accueil de son don parce que la gloire de Dieu c’est l’homme vivant et que l’homme vivant, c’est précisément cela le don que Dieu fait de lui dans la création, avec la création. La sanctification du nom est saisie de toute chose comme expression du don que Dieu fait de lui-même, comme expression de ce que vivre pour les hommes et les femmes, c’est recevoir, et pourquoi pas reconnaître l’auteur du don, déceler le don, Dieu. En reconnaissant qui donne et ce qui est donné, celui qui donne, le nom est sanctifié.

Ce don, même sans référence à la volonté de Dieu dans la version lucanienne, est volonté d’un monde autre. Non pas autre que donné, mais autre que confisqué, pris, saisi. Le règne de Dieu c’est le monde, la vie reçue comme sortie des mains du Père, la vie reçue parce que donnée, et non trouvée par hasard, dérobée, rapt, razzia, prise de possession.

Que l’homme soit maître, c’est certain, parce que c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Que l’homme soit maître, cela signifie qu’il est libre de ce qui l’asservit, des esclavages. Cela ne signifie qu’il pourrait user à sa guise du don, si sa guise est l’arbitraire d’un « comme je veux quand je veux ». Le règne de Dieu désiré, c’est le monde sorti des mains du Père pour que tous vivent, pour que le dessein d’amour originel ne soit pas un rêve inaccessible ou une revanche d’autant plus impossible que pleine de ressentiment. Le règne de Dieu qui doit venir, c’est ce monde à vivre selon le dessein originel. La louange est conversion, changement de vie, efficacité de la prière. Comment ferons-nous de notre monde le monde selon Dieu, le paradis ? Croire au paradis, ce n’est pas espérer pour après, c’est s’engager pour qu’ici et maintenant, le dessein de Dieu soit réalité dans notre monde.

Thérèse de Jésus savait qu’il n’importait pas d’enchaîner les prières, comme les païens. Elle revendiquait pour tout chrétien la dignité d’entrer dans une prière de louange et de demande, de conversion et de con-vivance. On ne peut pas enchaîner les Pater comme si c’était une formule d’autant plus efficace qu’on la ressasse. La prière de Jésus ouvre nos vies à celle du Père, source de l’amour. Un seul mot suffit à nous faire tenir devant Dieu : Il nous donne de l’appeler Père ! Un jour, ce n’est pas assez de temps pour dire cette prière, une vie, ce n’est pas assez pour mesurer et vivre ce que c’est que de l’appeler Père.

15/07/2022

« Drôle de servante, ma fille ! » Lc 10, 28-42 (16ème dimanche du temps)

Dimanche passé, nous avons lu l’épisode évangélique qui précède immédiatement celui de ce jour. La débauche samaritaine de générosité nous avait arrêtés. Qui se fait ainsi le prochain de tous, soignant, sauvant, relevant de la quasi-mort ceux que la vie, comme des brigands, laisse sur le bord du chemin ? Le samaritain, parabole du Dieu qui sauve, comme Jésus au nom programmatique : Dieu sauve.

Impossible de nous limiter alors à choisir notre prochain et, par conséquent d’écarter voire ignorer ceux qui nous sont plus éloignés. On n’est jamais quitte avec la charité. Devant celui qui meurt, comment pourrions-nous rétorquer ; désolé, mais j’ai déjà assez fait aujourd’hui ?

Après la débauche samaritaine, une autre débauche, un autre excès. Et c’est précisément ce qui explique qu’il n’y ait aucune liaison littéraire entre les deux histoires. Elles racontent tellement la même chose, l’excès de charité, la débauche de générosité, que le rédacteur ne voit pas la nécessité d’expliciter le lien entre les deux rencontres, l’une parabolique, l’autre historique, tirant la parabole de la fiction, entraînant l’histoire dans la typologie. La rencontre avec Marthe et Marie (Lc 10, 38-42) n’est pas une anecdote mais, à l’instar de tout le chapitre, elle dresse la fiche de poste du disciple.

Dans les deux récits, tout paraît crédible, et rien ne l’est. Vous imaginez la maîtresse de maison recevoir Jésus et s’enfermer dans sa cuisine, ne profitant pas du Maître un instant ? Vous imaginez Marie, devant Jésus, laisser sa sœur s’occuper de tout, coinçant la bulle sous prétexte d’écouter le Maître ? Vous imaginez Jésus, qui raconte la parabole du Samaritain, renvoyer sèchement ceux qui prennent la tenue de service ?

Dans Le dialogue des Carmélites, Bernanos fait dire celle qui dévisage une religieuse pensant se dissimuler à être en civil, « Drôle de servante, ma fille ! » Ce pourrait être le titre de l’invitation chez Marthe. Marthe, contrairement aux apparences, n’est pas servante. Je l’ai déjà dit, elle est la maîtresse de maison. Le repas ne se passe pas chez Marthe et Marie, mais dans la maison de Marthe. Marthe décide et commande, Marthe juge, fait des reproches et donne des ordres, y compris à Jésus : « Dis à ma sœur de m’aider ! » Drôle de servante.

Prise par les occupations du service, elle ne sert pas, elle gouverne. Ce qu’elle appelle faire le service est l’occasion de gouverner. Ce n’est pas gouverner pour servir, gouverner par le service, c’est servir pour gouverner, servir pour être maître. Nous pourrions voir ici une parabole de tant de situations de gens généreux qui sous prétexte de leur générosité placent les autres à leurs ordres, fût-ce Jésus. Nous avons tous connu cela dans une association. C’est aussi souvent le cas dans l’Eglise…

La servante de notre histoire est à sa place. On ne l’entend pas. Elle n’ouvre pas la bouche. Elle écoute, elle est assise aux pieds, plus esclave que servante, tellement servante qu’elle en devient esclave. Voilà l’excès, voilà la débauche de charité. Marie et le Samaritain, même combat.

Et pour cause, Marie et le Samaritain sont icône ou parabole, témoin ou type de Jésus, le serviteur. Il est le serviteur du Père, qui ne vit que de (se) recevoir du Père, totale écoute. « Son serviteur Jésus » comme disent les Actes.

Tout dans le texte identifie l’action du Samaritain et la contemplation de Marie. « Ce qu’il faut est unique. » Rien dans notre entendement ne reconnaît en Marie la débauche samaritaine de générosité, ne reconnaît dans le Samaritain la débauche ob-éissante‑ sous l’écoute ‑ du service. Jésus dans l’écoute contemplative du Père est salut, tous peuvent trouver en lui leur prochain ; le service de ceux que la vie cabosse est l’alpha et l’oméga du recueillement.

La prière, l’écoute du Maître, est excessive charité qui se retrousse les manches ou n’est pas, depuis que l’amour de Dieu et l’amour des frères sont un. « Ce qu’il faut est unique. »