vendredi 18 décembre 2009

L'astre d'en haut vient nous visiter (Liturgie pénitentielle Avent)

Et s’il était impossible de faire autre chose que de bénir. Et si nous ne pouvions que dire du bien…

N’est-ce pas cela, notre rêve de conversion, notre attente de perfection ?

Balaam est mandaté pour maudire. Mais peut-on maudire le peuple saint ? Balaam doit vouer aux gémonies. Mais comment, en présence du Seigneur, ne pas en être empêché ? La route est bloquée, l’ânesse le voit. Le prophète est plus sot qu’elle. Il ne peut même plus marcher, la jambe écorchée. Et moi, stupide comme une bête, dit le psaume, je ne savais pas, tu es toujours avec moi.

Il n’y a de sainteté que par la présence du Seigneur. Quand habitera-t-il enfin nos cœurs pour que nous ne puissions que bénir, dire et faire le bien ? Si, pour nous, une ânesse nous indiquait aussi ce que nous ne voyons pas, le chemin barré du mal, la route impossible… Dire et faire du mal, c’est comme marcher sur le Seigneur. Mais l’ange se tient là qui empêche pareil sacrilège !

Quel ange nous empêchera de faire n’importe quoi ? Quel messager nous évitera de passer par le fil de l’épée de celui que Dieu envoie ?

N’est-ce pas le frère, tout frère, qui est le messager ? N’est-ce pas le frère, tout frère qui devient la montagne sacrée où la loi est donnée : tu ne tueras pas ? « L’autre apparaît, son visage le fait apparaître, mais le visage n’est pas un spectacle, c’est une voix. Cette voix me dit : “Tu ne tueras pas”. Chaque visage est un Sinaï qui interdit le meurtre. »

Il faut être plus bête qu’un âne pour ne pas voir autrui qui barre la route du mal, pour ne pas voir dans le visage d’autrui l’interdit de la loi, le commandement de la loi de sainteté. Il faut être plus stupide qu’une bête pour ne pas voir l’ange que le Seigneur place au milieu du chemin, le frère.

L’interdit de la loi ‑ meurtre, mensonge, et le reste ‑ est aussi la loi de sainteté. Un seul Dieu tu adoreras signifie littéralement tu ne tueras pas. Car l’amour de Dieu et l’amour du prochain c’est tout un. Quel est le plus grand des commandements ? Dieu a dit une chose, deux choses que j’ai entendues : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit et ton prochain comme toi-même. Une seule chose dite, la loi de sainteté ; deux choses entendues, l’interdit du meurtre et l’adoration du seul Dieu.

Nous ne pouvons qu’entendre dans la diffraction l’immensité de l’unité, de l’unicité divine, de lui-même et de sa parole. Le Seigneur a dépêché son ange, et nous nous attaquons au frère ! Quel mal habite donc notre cœur ?

Tout est pourtant donné, et l’ange qui barre la route de la malédiction, et la présence du Seigneur qui oblige à bénir, à dire et faire le bien.

Qu’il se lève enfin l’astre d’en haut qui vient nous visiter. Qu’enfin la prophétie bénédiction de Balaam se réalise. Que nos yeux s’ouvrent comme se sont ouvertes les lèvres de Zacharie qui confessent que la visite de l’astre d’en haut illumine ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort.

« Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les chemins, pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés ; grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. »

Qu’il se lève enfin cet astre pour brûler en nous la mort et la haine et nous faire briller de sa lumière. Lui, la lumière du monde nous a confié d’être lumière. Qu’il nous purifie de notre péché.

La présence au milieu de nous de celui qui doit venir, la lumière des nations qui se lève sur le peuple qui marchait dans les ténèbres, est notre espérance. Nous le proclamerons dans la nuit de Noël.

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. Tu as multiplié la nation, tu as fait croître sa joie ; ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur elle, la barre posée sur ses épaules, le bâton de son oppresseur, tu les as brisés comme au jour de Madiân. Car toute chaussure qui résonne sur le sol, tout manteau roulé dans le sang, seront mis à brûler, dévorés par le feu. Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-paix, pour que s'étende le pouvoir dans une paix sans fin sur le trône de David et sur son royaume, pour l'établir et pour l'affermir dans le droit et la justice. Dès maintenant et à jamais, l'amour jaloux de Seigneur Sabaot fera cela. »


Textes de la liturgie pénitentielle: Nb 22-24; Lc 1, 67-79

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