08/09/2026

Nativité de Marie (8 septembre)

 Cosette balayant

Les textes de la fête liturgique de la nativité de Marie, sans parler des oraisons (la prière sur les offrandes est terrible, un morceau d’anthologie) ne parlent pas de la naissance d'une petite fille. Ce n'est pas l'annonce à Marie qui fait office d'évangile, mais l'annonce à Joseph.
Le lectionnaire et le missel sont décidément phallocratiques.
Certes on aurait du mal à trouver dans les Ecritures un texte sur une petite fille. Certes, la mariologie saine est christocentrique. Mais...
Avant d'être mère, surtout au jour de sa naissance, Marie est une petite fille, précisément, de celles dont des siècles entiers n'ont pas parlé. Ces invisibles de l'histoire ont souvent fait l'histoire. Et c'est bien ce qui arrive avec cette petite fille.
Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles. Cela pourrait être le sens de cette fête, non ?
 
 
Bien difficile de trouver une illustration. Une petite fille dans l'art ? Est-ce que cela existe ? Bien sûr, il y a des naissances de Marie avec Anne allongée. Mais ce sont davantage des maternités que des naissances, ou alors une répétition générale de la naissance de Jésus. La peinture profane n'est pas plus riche. Je retiens ce dessin totalement anachronique, voire hors-sujet. Cosette par d’Émile-Antoine Bayard, typique d'une époque où le sort des enfants devient un sujet. 
Il n'y a pas de raison de faire de Marie une petite fille mal-traitée. Mais juste une petite fille, pas celles des princes comme les Ménines de Velasquez. Et après-tout, puisque le phallocratisme, c'est les femmes à la cuisine ou au ménage, cette illustration ne fonctionne pas si mal.

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